Se débarrasser des pianos, Nice 1884

Le problème du bruit se pose déjà au XIXe siècle, comme le montre un article paru dans Le Petit Niçois du 22 mai 1884. Heureusement, dans le cas évoqué, d’astucieux ouvriers trouvent une solution :

« Un moyen pour se débarrasser du voisinage des pianos. — Les pianos sont parfois bien incommodants. Le matin, en vous éveillant, vous entendez tapoter sur le clavecin ; à midi, lorsque vous savourez votre moka, vous entendez encore votre voisine d’en face qui s’évertue à faire de la musique, sans paraître se douter qu’elle vous incommode profondément, le soir, en vous couchant, la gamme sempiternelle se fait entendre encore.
Voici un moyen radical pour faire taire l’instrument agaçant.
Des ouvriers travaillant dans un atelier donnant sur la cour d’une maison de notre ville, fatigués des études incessantes de leur voisine la pianiste, se donnèrent un beau jour le mot, et, quand l’instrument se fit entendre, il se mirent tous en chœur à siffler comme un aveugle qui joue désespérément de la clarinette. Ils firent un tel tapage, que leur concert inattendu incommoda au dernier des points la belle pianiste, qui crut bon de transporter son piano dans une pièce donnant sur la rue.
Là, elle peut monter et descendre ses gammes à son aise, sans ennuyer les ouvriers, qui, heureux de leur stratagème, ont repris gaiement leur travail. »

Un adultère à Nice en 1884

1884. C’est la grande époque du vaudeville, avec ses amants dans le placard. Et pourtant, dans la vie réelle, l’adultère est un délit passible du tribunal correctionnel. Par exemple dans ce laconique article du Petit Niçois paru le 13 mai 1884 :

Un internement abusif, Nice 1884

Le Petit Niçois du samedi 11 mai 1884 raconte comment une pauvre femme qui ne commettait pas d’autre délit que d’être « atteinte d’idiotisme » va se retrouver expédiée dans un hôpital psychiatrique parce qu’elle avait la malencontreuse habitude de prendre l’air « sur le seuil d’une maison », à une époque où, d’ailleurs, les habitants sortaient des chaises devant chez eux le soir pour prendre le frais :

« Une malheureuse, atteinte d’idiotisme, se tenait habituellement sur le seuil d’une maison dans la rue Palermo.
Cette pauvre femme a été conduite provisoirement au poste ; mais nous croyons que par les soins de la police elle sera amenée dans une maison de santé. »

Un féminicide à Nice en 1884

Dans son numéro du 23 avril 1884, le Petit Niçois raconte avec détails le meurtre d’une femme à l’occasion du procès de son mari assassin :

Continue la lecture

Malbouffe en 1884

Tous ceux qui croient qu’au bon vieux temps on disposait d’aliments plus sains et plus naturels qu’aujourd’hui devraient lire cet article paru dans Le Petit Niçois du lundi 21 avril 1884 :

« À surveiller. — Depuis quelque temps, des placeurs, agissant au compte d’une maison étrangère, offrent aux minotiers du Nord une poudre destinée à être mélangée aux farines dans la proportion de un et demi pour cent. Cette poudre est lourde, elle craque sous la dent et laisse une saveur crayeuse.
Ce produit étant offert à raison de 5 fr. les 100 ki!., il en résulte que le meunier qui se laisserait aller à cette addition frauduleuse réaliserait un gain illicite de 30 à 40 centimes par sac de froment, soit environ 100 fr. par jour pour une usine qui ferait 300 sacs par jour.
Or, une analyse qui vient d’être faite par un pharmacien militaire, M. Balland, démontre que cette poudre ne serait autre chose que du sulfate de chaux hydraté, c’est-à-dire du plâtre.
M Riche a dénoncé à l’Académie de médecine cette honteuse falsification, qui, quoique n’offrant aucun danger pour la santé publique dans les proportions que nous venons d’indiquer, n’en mérite pas moins d’être rigoureusement poursuivie. »

Une sortie de prison trop bien arrosée, Nice 1884

On peut lire dans Le Petit Niçois du 11 avril 1884 :

« Ivresse. — Le nommé Chapez Jean a été arrêté hier dans la rue de la Condamine pour ivresse et scandale. Cet individu était sorti le matin même de la maison d’arrêt. C’est pour fêter sa délivrance qu’il s’est mis dans l’état qui a amené son arrestation ! »

Un infanticide à Nice en 1884

Les infanticides, qu’on rencontre de temps en temps, sont généralement le fait de pauvres filles qui se sentent obligées de se débarrasser de leur progéniture poussées par la misère ou par la honte. Mais, le mardi 8 avril 1884, le crime relaté dans un article du Petit Niçois a des caractéristiques inverses :

Continue la lecture

Accidents en chaîne, Nice 1884

Le Petit Niçois raconte, dans un article du 14 mars 1884, le déroulement d’un accident de la circulation qui ferait presque sourire si un malheureux cheval n’en avait été victime :

Continue la lecture

Suicide à la gare de Toulon en 1884

Dans les années 1880 la presse aime bien décrire les suicides en donnant force détails sur leur déroulement. Il est plus rare de lire comment l’idée de mettre fin à ses jours a pu naître et mûrir chez un homme. C’est pourtant ce qu’on trouve dans Le Petit Niçois du jeudi 6 mars 1884. On pourra cependant s’étonner que personne n’ait cherché à aider le malheureux.

Continue la lecture

Arnaque nigériane en 1884

Le Petit Niçois du 15 février 1884 relate une naïve tentative d’escroquerie dont le schéma est appelé à prospérer quand, un siècle plus tard, apparaîtra Internet :

Continue la lecture