Des scaphandriers à Nice en 1884

À cette époque beaucoup de lecteurs ignorent probablement ce qu’est un scaphandrier et, sans photo, le seul moyen qui s’offre au journaliste est la description, comme celle-ci, qui est un article du Petit Niçois du 19 mai 1884 :

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Apprenez à vous éclairer, PLM 1884

En 1884, certaines voitures du PLM – Paris-Lyon-Méditerranée, une des sociétés de trains qui se fondront plus tard dans la SNCF – commencent à être équipées d’un éclairage au gaz. Comme les voyageurs ne sont guère accoutumés à ce progrès, Le Petit Niçois du 16 mai reproduit en première page les conseils de la compagnie sur l’emploi du procédé :

« Voici quelques renseignements sur l’éclairage au gaz des trains de la Compagnie des chemins de fer P.-L.-M. :
Les nouvelles voitures aménagées pour cet éclairage vont être pourvues d’un robinet spécial, qui permettra de donner la lumière ou de la diminuer à volonté. À l’aide d’un mécanisme des plus simple, appelé « mise en veilleuse », les voyageurs, que la trop grande clarté indisposerait la nuit, pourront, comme l’indique le nom de cet appareil, réduire à l’état de veilleuse la lumière de la lampe de leur compartiment. Ce résultat s’obtiendra d’une façon automatique par la fermeture des deux moitiés du rideau dont sont munies ces lampes, c’est-à-dire qu’une seule partie du rideau abaissée laissera la flamme à son état normal, éclairant un des côtés du compartiment, tandis que l’autre se trouvera dans l’ombre, mais les deux côtés rabattus ensemble donneront la mise en veilleuse, soit une diminution totale dans la somme de lumière.
Par ce système, les lampes des trains éclairés pendant le jour, pour le passage des tunnels, ou celles des compartiments inoccupés pendant la nuit seront mises en veilleuses, et il y aura de ce fait une économie notable de consommation du gaz. »

Un percepteur grincheux, Nice 1884

À l’époque de Courteline, la critique d’une administration publique et des petits tracas qu’elle impose au citoyen n’a rien d’insolite. Mais Le Petit Niçois dans un article du 15 mai 1884 va plus loin et assigne à d’obscures intentions antirépublicaines le comportement d’un fonctionnaire qui souhaiterait ainsi rendre impopulaire le régime qu’il représente :

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Alerte au phylloxéra, Grasse 1884

Dans les années 1870- 1880 le phylloxéra, redoutable parasite de la vigne, investit la majeure partie du vignoble français, provoquant la ruine de nombreux viticulteurs ainsi parfois que leur révolte. Le Petit Niçois du 5 mai 1884 dénonce l’arrivée de l’insecte dans les Alpes-Maritimes :

« Phylloxéra. – Le Commerce de Grasse donne une mauvaise nouvelle pour nos vignobles. La présence du phylloxéra a été constatée au quartier des Aspres, près de Grasse dans les plantiers de divers propriétaires. Les taches y sont très étendues et invasion a pris un caractère de gravité des plus fâcheux. Il est à craindre, en outre, que de ce point le maudit puceron ne gagne bientôt les riches vignobles de la plaine de Saint-Antoine. Aux propriétaires de redoubler de vigilance. »

Arrêté pour des artichauts

En cette fin du XIXe siècle, on a l’arrestation facile et on ne se prive pas de mettre sous les verrous le premier pauvre hère chez qui on pourra trouver quelque chose à reprocher, ainsi qu’en témoigne un article paru dans Le Petit Niçois du 1er mai 1884 :

« Arrestation – Ce matin, vers 1 heure, le nommé Fourcy Charles, âgé de 23 ans, terrassier, qui a été trouvé porteur d’un vase d’œillets et de plusieurs artichauts, objets dont il n’a pu justifier la provenance, a été pris en état d’arrestation. »

Sur un arbre perchés

On peut lire dans Le Petit Niçois du 3 avril 1884 un fait divers kafkaïen avant la lettre qui montre comment un comportement fantaisiste mais bien innocent peut conduire à une arrestation :

« Arrestations. — Les nommés Avenanti Auguste, Signorini Ange et Rigarita Auguste, manœuvres, pris d’on ne sait quel caprice, étaient montés sur un arbre du boulevard de l’Impératrice de Russie et là s’étaient postés le plus commodément possible sur de jeunes branches pliant sous leur poids, ils avaient engagé une causerie qui menaçait de durer longtemps. Des agents de police les invitèrent à descendre ; ils n’en firent rien ; les agents devenant plus pressants, ils descendirent en effet mais pour injurier et menacer les agents de police.
Pour ce fait, ces trois individus ont été arrêtés et mis en prison. »

Quiproquo, Nice 1884

Le Petit Niçois du 8 avril 1884 rapporte comment une scène de comédie peut cacher un drame : Continue la lecture

Harcèlement de rue, Nice 1884

Le harcèlement de rue ne date pas d’aujourd’hui, en témoigne cet article qu’on peut lire dans Le Petit Niçois du 31 mai 1884 :

« Un galant brutal — Avant-hier à deux heures de l’après-midi, deux marchandes de poisson, la mère et la fille, cette dernière dans une situation intéressante, longeaient le quai du port, lorsqu’un individu, ouvrier italien, s’approchant, donna à l’une d’elles à la plus jeune une accolade en l’accompagnant d’une expression grossière.
Indignée de ce procédé peu convenable, la jeune femme appliqua sur la joue de ce grossier audacieux un magistral soufflet. Passant de la tendresse à la colère, cet individu brisa d’un coup de pied la corbeille que portaient les deux marchandes et allait se livrer sur elles à des voies de fait sans l’arrivée de deux citoyens les nommés B… et C…, qui intervinrent et administrèrent une bonne correction à ce grossier personnage, correction que vint interrompre malheureusement l’arrivée d’un sergent de ville à la vue duquel ce Don Juan en blouse prit la fuite. »

Marchandes de poisson à Nice au début du XXe siècle sur une carte postale ancienne.

Se débarrasser des pianos, Nice 1884

Le problème du bruit se pose déjà au XIXe siècle, comme le montre un article paru dans Le Petit Niçois du 22 mai 1884. Heureusement, dans le cas évoqué, d’astucieux ouvriers trouvent une solution :

« Un moyen pour se débarrasser du voisinage des pianos. — Les pianos sont parfois bien incommodants. Le matin, en vous éveillant, vous entendez tapoter sur le clavecin ; à midi, lorsque vous savourez votre moka, vous entendez encore votre voisine d’en face qui s’évertue à faire de la musique, sans paraître se douter qu’elle vous incommode profondément, le soir, en vous couchant, la gamme sempiternelle se fait entendre encore.
Voici un moyen radical pour faire taire l’instrument agaçant.
Des ouvriers travaillant dans un atelier donnant sur la cour d’une maison de notre ville, fatigués des études incessantes de leur voisine la pianiste, se donnèrent un beau jour le mot, et, quand l’instrument se fit entendre, il se mirent tous en chœur à siffler comme un aveugle qui joue désespérément de la clarinette. Ils firent un tel tapage, que leur concert inattendu incommoda au dernier des points la belle pianiste, qui crut bon de transporter son piano dans une pièce donnant sur la rue.
Là, elle peut monter et descendre ses gammes à son aise, sans ennuyer les ouvriers, qui, heureux de leur stratagème, ont repris gaiement leur travail. »

Un adultère à Nice en 1884

1884. C’est la grande époque du vaudeville, avec ses amants dans le placard. Et pourtant, dans la vie réelle, l’adultère est un délit passible du tribunal correctionnel. Par exemple dans ce laconique article du Petit Niçois paru le 13 mai 1884 :