Un squelette sous le boulevard, Menton 1885

Dans Le Petit Niçois du 25 août 1885 on peut lire la macabre trouvaille que font des terrassiers à Menton sur le boulevard de Garavan qui, « long de 3 kilomètres, bordé de poivriers et de caroubiers, conduit de la frontière à la vieille ville » (d’après le site officiel de la ville). Les derniers mots de l’article montrent bien que le journaliste subodore l’appartenance archéologique des restes humains qu’on a découverts, mais apparemment leur examen n’ira pas plus loin. Voir sur ce blog « C’était avant l’INRAP, Nice 1884, NICE 1884″.

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Horrible découverte, Cannes 1885

Les faits sont horribles, certes, mais on ne peut qu’être étonné par l’abondance de détails propres à satisfaire une certaine curiosité que donne le journaliste dans cet article du Petit Niçois le 13 août 1885 :

«                                                 CANNES
Viol suivi d’assassinat.
– Un crime horrible vient d’être commis à Cannes. Une petite fille de onze ans a été assassinée, et l’enquête a établi qu’elle avait dû subir les derniers outrages avant sa mort.
Cette petite fille nommée Catherine Schiano, demeurait avec ses parents rue du Pré, à Cannes. Samedi, elle était sortie à 7 heures pour porter un paquet de linge à sa sœur aînée qui lavait au pont Grand-Val.
La grande sœur l’attendait. Mais ne la voyant pas arriver, elle vint à sa rencontre : elle trouva le linge près du portail de la villa Geoffray.
Elle appela sa sœur, la chercha aux environs mais en vain. La famille alla avertir la police de cette disparition. Les recherches des parents et de la police sur le bord de la mer et dans les environs de l’endroit où la petite Catherine avait laissé le paquet de linge, restèrent sans résultat tout le samedi, tout le dimanche, et le lundi dans la matinée et dans l’après-midi.
Mardi seulement, vers 6 heures da soir, deux passants, sentant une forte odeur de pourriture, se sont approchés d’un fourré d’acacias et ont trouvé le cadavre que les vers commençaient à ronger.
La pauvre enfant était étendue à terre, le visage déchiré au pied d’un mur hérissé de morceaux de verre, dans un fourré de petits acacias, vers le talus du chemin de fer, à cent mètres à peine du pont en bois du Riou, boulevard du Midi.
Le corps a été gardé toute la nuit par la gendarmerie et la police, en attendant la descente du parquet de Grasse et l’autopsie du médecin.
Le parquet de Grasse est arrivé dans la soirée. L’autopsie faite par M. le docteur Roustan a démontré qu’il y a eu viol perpétré sur l’enfant, qui a été ensuite étouffée et jetée par-dessus le mur. La mort paraît remonter à trois jours.
Le misérable auteur de ce crime est activement recherché. »

Le pont du Riou à Cannes en 1907.

Un infanticide à Nice en 1885

 

C’est une fois de plus une lamentable histoire d’infanticide que relate Le Petit Niçois dans un article du 1er août 1885 en rapportant une séance de la cour d’assises des Alpes-Maritimes. On notera la partialité du journaliste qui, d’emblée, met en doute la moralité de la jeune femme.

«                          Affaire Rayna Marie
                                    Infanticide
L’audience de l’après-midi est consacrée à l’infanticide, commis dernièrement à Nice, dans une maison de la route de Turin,
La fille Rayna était domestique chez les époux Novello. Elle avait un amant, plusieurs même, paraît-il, et, dans ses sorties fréquentes, allait roucouler avec eux. Si bien qu’un beau jour elle se sentit enceinte. Elle se garda de l’avouer À ses maîtres ni à personne ; au contraire elle fit tous ses efforts pour dissimuler son état.
Vint le jour de l’accouchement. Que se passa-t-il dans la chambre de la fille Rayna ? Elle eut la force de supporter les douleurs atroces de l’enfantement sans appeler aucun secours. On ne tarda pas à trouver le corps du nouveau-né dans les cabinets.
M. le Dr Grinda fat le premier à se rendre sur les lieux.
Le témoignage qu’il apporte aux débats est des plus importants. D’après lui, la fille Rayna n’a pas dû accoucher dans le lit. Une flaque de sang qu’il a remarquée sur le sol lui fait supposer que la mort du petit être a pu être causée par imprudence.
M. le Dr Guillabert, qui a fait l’autopsie du corps, pense que l’infanticide a été commis volontairement.
M. Giraud, qui porte l’accusation, soutient naturellement avec vigueur le système de M. le Dr Guillabert. L’honorable substitut, établit eu outre la préméditation par ce fait que la fille Rayna n’avait rien préparé pour recevoir son enfant. Il met le jury en garde contre tout accès de sensiblerie ; il se borne à réclamer une pénalité mitigée.
Me Alexandre Médecin, s’acquitte de sa tâche de défenseur avec un réel talent. Les considérations qu’il fait valoir en faveur de la malheureuse fille qu’il défend, font une visible impression sur te jury.
Le verdict, rendu après une assez longue délibération, écarte la première question relative à l’infanticide volontaire.
Sur la question subsidiaire d’homicide par imprudence, la réponse du jury est affirmative.
En vertu de ce verdict la Cour condamne la fille Rayna à 2 ans de prison et à 50 francs d’amende.
La sentence est prononcée à 8 heures et demie. »

L’âne de Sospel, 1885

Dans Le Petit Niçois du 4 juillet 1885, le correspondant à Sospel du quotidien raconte un incident qui met en scène un âne à l’étrange comportement et son maître, un Italien. L’Italie n’est en effet qu’à quelques kilomètres de ce village de montagne et c’est l’occasion d’exprimer une certaine italophobie qui est permanente dans les colonnes du journal.

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Des boulistes envahissants, Nice 1885

Le 29 juin 1885 le Petit Niçois fulmine contre les joueurs de boules. En effet ce jeu, qui, à Nice, se pratique volontiers « à la longue », se cherche des terrains, qu’il trouve parfois jusque sur les berges du Paillon ; il se plaît à Riquier, un quartier en train de se bâtir à l’est de Nice, ou les espaces vacants sont encore nombreux. On notera que l’acharnement des joueurs de boules niçois n’a rien à envier à celui de leurs confrères marseillais. Mais où sont les joueurs de paume qu’annonçait le titre ?

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Deux accidents, Nice 1885

Deux articles qui se suivent dans Le Petit Niçois du 25 juin 1885 et racontent chacun la même chose : une femme est tombée d’une voiture. Mais dans un cas le journaliste y va de sa leçon de morale car il s’agit d’une femme sans doute indépendante qui a la possibilité de boire seule ; une expression est d’ailleurs à noter :  » son liquide favori « , alors que pour un homme on aurait probablement précisé la nature du breuvage, cognac ou autre. Le récit du deuxième accident est bien différent, alors qu’il relate un événement identique ; toute possibilité d’une responsabilité quelconque de la femme est écartée et elle est réduite à la passivité d’un objet.

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Négligences, Alpes-Maritimes 1885

Les accidents survenant à de petits enfants composent une rubrique régulière et presque quotidienne du journal. Force est de constater qu’en ce temps-là les parents se comportent avec une certaine désinvolture. En témoignent deux articles parus le 17 et le 18 juin 1885 dans Le Petit Niçois.

« Un enfant écrasé. — Un accident malheureux est arrivé hier dans l’avenue Pauliani, près de la place d’Armes. Un enfant de quinze mois environ que ses parents laissaient jouer tout seul au milieu du chemin, a été renversé par une charrette dont une des roues lui a passé sur le bras. On pense que le lourd chariot à brisé facilement le bras délicat du pauvre petit. Il a été transporté à la pharmacie Faraut où les premiers :oins lui ont été donnés.
L’état du petit blessé est grave ; nous souhaitons qu’on puisse le sauver.
Nous voudrions que ce déplorable accident servît au moins d’exemple aux parents imprudents qui laissent leurs enfants sans surveillance dans les rues. »

« GRASSE
Un terrible accident, dû encore à l’imprudence des parents, est arrivé à Grasse.
La dame Pastorelli, dont le mari, boucher est absent pour les besoins de son commerce, après avoir habillé son enfant, âgé de 26 mois, avait allumé le feu pour préparer le café, puis était descendue au rez-de-chaussée pour ouvrir le magasin et prendre un peu de lait. Lorsqu’elle rentra dans son appartement au bout de quelques minutes, un spectacle épouvantable s’offrit à ses yeux. Son enfant gisait à terre, entouré de flammes et se tordant dans d’horribles souffrances. Le pauvre petit, pendant l’absence si courte de sa mère, s’était approché du feu; un charbon, une étincelle l’a sans doute atteint et a mis le feu à ses légers vêtements. La mère, étreignant son enfant, réussit à éteindre les flammes; mais il était trop tard ! Le corps du petit être est couvert d’affreuses brûlures qui font craindre un dénouement fatal. La famille est dans le désespoir. »

Mœurs conjugales, Alpes-Maritimes 1885

Pas toujours facile d’être marié en ce temps-là. Deux articles du Petit Niçois parus coup sur coup le 15 et le 16 juin 1885 montrent comment il est dur d’évoluer entre violences domestiques et rigueur des lois. Le premier se déroule à Nice, tandis que le second évoque le proche « arrière-pays ».

« Entre beau-père et gendre. — Un drame de famille s’est passé hier soir dans une maison des environs de la rue Centrale.
Durant le dîner, une discussion survint entre le mari et la femme. Des paroles fort vives furent échangées, et le mari, un nommé Toussaint, irrité, donna un soufflet à sa moitié.
Le père de celle-ci, qui se trouvait là, prit parti pour sa fille, et la dispute s’éleva alors entre les deux hommes. Le beau-père, qui est fort et robuste, s’arma d’un lourd bâton et en assena un coup violent sur la tête de son gendre qui tomba baigné dans son sang.
La blessure de Toussaint est grave : il a été transporté à l’hôpital où tous les soins nécessaires lui sont donnés. »

« Adultère. — On a amené hier, à 1 heure, à la prison de Nice an couple qui a été arrêté à Roquebillière en flagrant délit d’adultère. L’homme s’appelle Cornillon et la femme Otto. Ils comparaîtront sous peu devant notre Tribunal. »

Relâche

Au 18e siècle Nice  à été épargnée  par la peste.

Au 19e elle a résisté au choléra .

Au 21e ce modeste blog est victime

Une mauvaise farce, Nice 1885

Comment expliquer le geste absurde que rapporte Le Petit Niçois du 10 juin 1885? Est-ce que la qualité de courtisane de son auteur l’affranchit de toutes les règles? L’alcool, que l’article n’évoque pas, contribue-t-il à la libérer de toute inhibition?

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