De la pub pour Nice en 1884

Dès 1884 le maire de Nice, Alfred Borriglione, emploie des moyens modernes pour promouvoir dans sa ville le tourisme qui, rappelons-le, est à cette époque un tourisme hivernal, comme le note un article paru le 20 décembre dans Le Petit Niçois, dont il est d’ailleurs le fondateur :

« La température de Nice. – Le Figaro publie, depuis quelques jours, un bulletin météorologique de notre ville, qui lui est envoyé de l’observatoire de Mont-Gros.
C’est à notre maire-député, M. Borriglione, qu’est due cette insertion qui, en faisant connaître toujours davantage la douceur de la température dont nous jouissons, ne peut que décider un plus grand nombre d’étrangers à venir passer l’hiver à Nice. »

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Alfred Borriglione, maire de Nice de 1878 à 1886.

La douceur du climat niçois sera par la suite le grand thème des affiches de la société des chemins de fer PLM, comme celle-ci, créée en 1895 par Frédéric Alexianu et Hugo d’Alesi :

C’était avant l’INRAP, Nice 1884

Le lecteur du Petit Niçois le 15 décembre 1884 s’émerveille sûrement qu’on ait donné une tombe décente à ces ossements qu’on vient de trouver sur un des côtés du port de Nice qui n’a été aménagé lui-même qu’au XVIIIe siècle :

« Funèbre trouvaille. – Hier matin, des ouvriers occupés à la démolition d’une vieille maison, quai des Deux-Emmanuels, ont découvert une certaine quantité d’ossements humains, qui ont été recueillis et inhumés au cimetière du Château. »

À aucun moment on s’est demandé ce qu’étaient ces ossements, ni à qui ils avaient appartenu. De nos jours l’INRAP – Institut National de Recherches Archéologiques Préventives, créé en 2001 – serait très probablement intervenu et les aurait sans doute datés et identifiés, ajoutant une pierre à notre connaissance de la longue histoire de Nice.

L’entrée du port de Nice vue du Château vers le mont Boron
sur une carte postale du début du XXème siècle.
Le quai des Deux-Emmanuels est en face.

 

 

Bataille de dames ou l’art de l’euphémisme, Nice 1884

Le 13 décembre 1884 Le Petit Niçois publie un article plutôt sibyllin que seul un détail permet de « décoder ». En ce temps-là en effet on s’exprime de façon pudibonde :

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Il campe Boulevard de Cimiez, Nice 1884

Cimiez, un des plus beaux quartiers de Nice, l’antique Cemenelum, la cité fondéepar les Romains pour concurrencer sa voisine, la grecque Nikaia, n’est plus en cette fin du XIXème siècle, qu’un coin de campagne que touche à peine l’extension de la nouvelle ville, car on commence à y édifier de luxueuses villas. Preuve d’une ruralité qui dure encore : il y a des gardes champêtres et non des gardiens de la paix. C’est sur une des artères principales, le Boulevard de Cimiez, qu’un pauvre hère a choisi de dormir, en cette fin d’automne où le froid humide rend la nuit plus dure pour les miséreux, ainsi que le relate un article du Petit Niçois le 7 décembre 1884 :

« Endormi. — Les nuits sont froides et l’on gèle sur la grande route. Les gardes champêtres Camous et Ramoin ont trouvé avant-hier, sur le grand boulevard de Cimiez, le nommé Vial Honoré, âgé de 17 ans, endormi près d’un grand feu allumé. A côté du dormeur il y avait un paquet de linges dont Vial n’a pu justifier la provenance. C’est pourquoi il a été mis en état d’arrestation. »

Cimiez sur une carte postale de 1905. On aperçoit au fond l’hôtel Regina,
construit en 1896 en haut du Boulevard de Cimiez.

 

Un empêcheur de danser en rond, Alpes-Maritimes 1884

Le Petit Niçois du 11 décembre 1884 revient sur des incidents burlesques survenus dans le village de Contes lors d’un bal public. Le journal déjà évoqué ces incidents dans son numéro du 6 août où il reproduisait la lettre d’un lecteur, mais un nouvel événement est survenu, qui est l’occasion de rendre justice à la République, ce régime encore nouveau qui se montre capable de sanctionner ses propres fonctionnaires :

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Audacieux malfaiteurs, Cannes 1884

Des scènes dignes d’un western, qui se déroulent dans l’arrière-pays de la Côte d’Azur, c’est ce qu’on peut lire dans Le Petit Niçois du 8 décembre 1884 :

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Une pauvre folle, Nice 1884

Le 6 décembre 1884 on peut lire dans Le Petit Niçois un nouvel internement en hôpital psychiatrique, on serait tenté de dire une nouvelle arrestation arbitraire. En effet on n’y trouve aucune allusion à un quelconque examen médical, ni à quelque comportement de la jeune femme qui pourrait justifier son enfermement : on lui reproche seulement « d’errer », autrement dit de marcher sans but.

« Une pauvre folle. — Avant hier, la police a interné à l’hospice des aliénés de St-Pons, une jeune folle, la nommée Gastaldi Marie, qui, ayant perdu la raison, errait au quartier du Var. »

Ce blog a déjà publié des articles sur le même sujet, « Un internement abusif, Nice 1884 » et « Une folle, Nice 1884 ».

Un ennemi des gourmets

Le XIXème siècle a vu naître la gastronomie avec la Physiologie du goût de Brillat-Savarin en 1826, mais dès ce siècle-là certains contestent la consommation. Ce refus du luxe quand il s’étend à la table apparaît dans un fait divers que relate Le Petit Niçois du 5 décembre 1884 :

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Une révolution

Huit heures et demi ou bien 20h 30 ? Nous emploierons l’une ou l’autre formule suivant le contexte ou la situation. Mais à la fin du XIXe siècle qui ne connaissait d’abord que la première expression, la deuxième apparaît comme une invention des savants contraire au sens commun, ainsi qu’en témoignent les étonnements d’un journaliste dans un article du Petit Niçois paru le 29 octobre 1884 :

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Suicide d’un fou

Un article du Petit Niçois paru le 16 octobre 1884 vient compléter la vue qu’on peut avoir de la psychiatrie dans ces années-là :

« Suicide d’un fou. — Un pensionnaire de l’hôpital de St-Pons, employé à faucher des herbes dans les dépendances de cet établissement, s’est donné la mort, avant-hier, en se tranchant la carotide à l’aide d’une faucille. »

Ce malheureux avait-il déjà manifesté des tendances au suicide ? De toute façon il n’était guère prudent de lui confier une faucille.