Recyclage, Nice 1886

Encore un courrier de lecteur, indigné celui-là par une pratique assez singulière : on réemploie apparemment de vieilles pierres tombales pour remblayer une place publique, s’évitant ainsi des frais de transport, puisque le cimetière est situé sur cette place. L’histoire se déroule à Cimiez, l’antique cité fondée par les Romains à côté de Nice la grecque, dont elle est en train de devenir une banlieue résidentielle. L’article est paru dans Le Petit Niçois du 12 juillet 1886.

Continue la lecture

Sentiment d’insécurité dans les Alpes-Maritimes en 1886

Le Petit Niçois du 11 juillet 1886 publie un long article qui est en fait le courrier d’un lecteur habitant un village dans la montagne des Alpes-Maritimes, d’ailleurs le plus élevé du département, à 1500 m d’altitude. Sa lettre reflète l’état d’esprit qui règne dans cette zone relativement isolée et la peur panique des rôdeurs que l’imaginaire collectif transforme volontiers en bandits de grand chemin. Le seul délit constaté est un vol de pain, ce qui témoigne de la misère où vivent ces vagabonds.

Continue la lecture

La morte est-elle vivante ? Antibes 1886

La peur d’être enterré vivant est une phobie bien attestée au XIXe siècle. En témoigne un article du Petit Niçois paru le 1er juin 1886 : Continue la lecture

On a trouvé une vache, Nice 1886

On trouve de tout dans la rue, voir l’article « Objets trouvés, Nice 1882″,jusqu’aux objets les plus insolites, lire « Il trouve un dentier dans la rue« . Un sommet est atteint dans un article du Petit Niçois du 26 mai 1886 :

« Trouvaille. — Il y en a qui trouvent des épingles, voire même des porte-monnaie plus ou moins garnis. M. Giovanni Antoine, cocher rue Reine-Jeanne a trouvé avant-hier à 10 h. 1/2 une vache abandonnée sur la voie publique, qu’il tient à la disposition de son propriétaire. Voilà une trouvaille qui aurait embarrassé plus d’un de nos lecteurs. »

La foule protège un voleur, Nice 1886

Un début d’insurrection à Nice, c’est ce que rapporte Le Petit Niçois du 22 mai 1886 : la foule prend parti pour un jeune homme qui a dérobé une botte d’oignons. La raison de cette révolte est que ce soit un employé de l’octroi, cette impopulaire douane intérieure qui procède à l’arrestation :

Continue la lecture

La soupe qui tue, Alpes-Maritimes 1886

Dans La Prisonnière Marcel Proust évoque en 1923 la pittoresque figure d’un artisan ambulant, le rétameur : « Avec lui ne pouvait lutter le repasseur de scies, car, dépourvu d’instrument, il se contentait d’appeler : « Avez-vous des scies à repasser, v’là le repasseur », tandis que, plus gai, le rétameur, après avoir énuméré les chaudrons, les casseroles, tout ce qu’il étamait, entonnait le refrain : « Tam, tam, tam, c’est moi qui rétame, même le macadam, c’est moi qui mets des fonds partout, qui bouche tous les trous, trou, trou, trou »
Cet artisan réparait marmites et casseroles de cuivre en déposant une fine couche d’étain qui masquait les taches de vert-de-gris. Quand ce soin était négligé, on s’exposait à de graves accidents comme celui que relate Le Petit Niçois du 2 mai 1886 :

Continue la lecture

Presse à sensation, 1886

Le Petit Niçois du 19 avril 1886 rapporte une séance du tribunal correctionnel où on juge une affaire qui, aujourd’hui encore, donne à réfléchir : il arriverait que la presse à sensation invente elle-même les événements susceptibles de frapper l’imagination du public.

« L’Affaire Ardin

Ardin — c’est lui qui le déclare — est colporteur de son état. À ce titre il voyage. L’espace, le grand air sont pour lui les éléments nécessaires à son existence… vagabonde. À ce titre aussi, ne pas s’arrêter à Avignon serait manquer à tous principes de géographie élémentaires.
Avignon ! vingt minutes d’arrêt !
Ardin y reste trois jours. Il apprend que c’est la ville des Papes — il l’ignorait sans doute — et de là , à imaginer un placard à sensation, il n’y a qu’un pas. Ce pas, il l’a franchi. Il a publié une feuille volante qu’il a criée, hurlée dans toutes les villes depuis Avignon jusqu’à Nice — Nice incluse, bien entendu.
Il faut croire que notre police est moins tolérante que celles de nos voisines, car un inspecteur entendant brailler à tue-tête sous les arcades de la place Masséna :
Demandez explosion du Vatican. La mort du Pape Léon XIII, dix centimes ! deux sous ! s’approcha du dit Ardin, et l’engagea à moins brailler et surtout à circuler.
Ardin protesta si vigoureusement et se démena si bien qu’un substitut du procureur de la République, attiré par le bruit, ordonna son immédiate arrestation.
Andin, passant de la théorie à la,pratique, distribua quelques coups de poings, de non moins nombreux coups de pied aux agents qui le conduisaient au violon. C’est donc sous la double inculpation de rébellion aux agents et d’escroquerie que nous avons eu le plaisir de voir, hier, cet intéressant industriel.
Sa défense est bien simple, et il la présente non sans un certain aplomb : il a vendu son « canard », il croyait en avoir le droit ; tant pis pour ceux qui s’y sont laissés « pincer ».
M. Thibaut, substitut du procureur de la République, n’est pas de cet avis. Il l’est si peu, qu’il appuie son argumentation de divers arrêts de la cour de cassation, flétrissant et condamnant les vulgaires escrocs qui, au moyen que nous venons d’indiquer, trompent le public.
Le Tribunal, partage absolument cet avis, et faisant application de la loi, condamne Henri Ardin, à deux mois d’emprisonnement.
Le Vatican n’a pas sauté, Léon XIII n’est pas mort, notre colporteur pourra s’en convaincre soixante jours durant.
Nous n’aurions certainement pas autant insisté sur cette affaire, s’il n’y avait à en tirer une conséquence qui nous intéresse tous : des vendeurs de journaux de Nice publient et crient (sous la direction d’un journaliste étranger, nous assure-t-on), des feuilles dites à sensation. Un jour. c’est le Casino de Monte-Carlo, qui a fait explosion ; le lendemain, c’est une famille entière qui s’est suicidée ; le surlendemain, c’est la mort d’un de nos personnages politiques, etc., etc.
Eh bien ! il est excellent qu’on sache, une fois pour toutes, que ceux qui se livrent à ce singulier négoce, sont de vulgaires escrocs, et qu’ils tombent sous le coup de la loi.
Espérons qu’ils se le tiendront pour dit. »

Un âne enragé à Menton en 1886

L’accident se déroule à Menton et il est relaté dans Le Petit Niçois du 14 avril 1886, alors que Pasteur vient de mettre au point en 1885 son vaccin contre la rage. On redoute cette maladie, transmise en général par les chiens, voir les articles « Deux enragés, Nice 1883 » ou bien « Un chien abattu de dix-sept coups de fusil, 1882 ». Mais ici c’est un âne qui est le vecteur du mal et les victimes de ses morsures sont expédiées chez le savant qu’on qualifie de docteur bien que, comme on le sait, Pasteur ne fût pas médecin. La fin de l’article montre qu’on est déjà sensible aux retombées de l’événement sur le tourisme.

« Notre ville vient d’envoyer deux nouveaux pensionnaires au docteur Pasteur.
Il y a quelque temps la nommée V… remarquait que son âne paraissait malade ; néanmoins elle continuait à s’en servir.
L’ayant, un matin, conduit chez un maréchal-ferrant pour lui faire poser un fer, l’âne s’élança sur sa propriétaire, la mordit et, s’étant retourné, mordit aussi le forgeron au bras.
On pansa les blessures, sans attacher autre importance à ce fait. Mais, dans la suite, voyant que cette bête dépérissait chaque jour davantage et ne voulait pas boire, on appela le vétérinaire qui fit illico abattre l’animal, l’ayant reconnu enragé.
L’autopsie confirmant les premiers doutes, les victimes viennent de partir pour Paris se rendant au laboratoire de la rue d’Ulm.
Cet accident a notablement ralenti l’ardeur cavalcadeuse de nos étrangers, notamment des Anglais, que l’on rencontrait toujours en caravane à ânes sur nos routes et nos montagnes. »

L’habit ne fait pas le prêtre, Grasse 1886

À la fin du XIXe siècle la Côte d’Azur est une terre d’élection pour les escrocs de tout genre. Celui que montre un article du Petit Niçois le 22 mars 1886 profite de la confiance qu’inspirent les ecclésiastiques. Mais on pourrait se demander justement si la façon dont le journal insiste sur cette confiance naïve ne relève pas de l’anticléricalisme, qui est inhérent à ce quotidien d’obédience radicale :

Continue la lecture

Un emmerdeur à Nice en 1886

Le 18 mars 1886 on peut lire dans Le Petit Niçois un très court article qui en fait rappelle certaines pratiques de l’agriculture niçoise déjà évoquées dans « Agriculture bio à Nice au XIXe siècle » :

« Procès-verbal de contravention a été dressé contre le nominé Maro Louis, pour avoir traversé les rues de la ville, avec un tombereau, chargé de matières fécales, dont une partie s’est répandue sur la voie publique. »