Épizooties et épiphyties dans les Alpes-Maritimes en 1885

Après l’épidémie de choléra de 1884, on doit se soucier des maladies épidémiques qui touchent les animaux, ainsi que l’indiquent deux articles parus dans Le Petit Niçois du 10 mars 1885, sans oublier les ravages que cause aux vignes le phylloxéra :

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1885 : 50 téléphones à Nice !

Un article du Petit Niçois paru le 6 mars 1885 annonce qu’Adolphe Cochery, ministre des Postes et Télégraphes, portefeuille qu’il est le premier à détenir, vient d’accorder à la ville de Nice la possibilité d’avoir un central téléphonique qui permettra à 50 abonnés de jouir de ce nouveau moyen de communication, alors que les édiles en réclamaient 200. On aura mieux conscience du bond en avant réalisé si on relit l’article « Un troisième téléphone à Nice en 1883 ».

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Assassiné sur sa demande, Alpes-Maritimes 1885

Réserver les petits plombs pour la chasse à l’étourneau et préférer la chevrotine si l’on a quelqu’un à tuer, telle pourrait être la conclusion de cet étonnant article paru le 3 mars 1885 dans Le Petit Niçois :

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Côte d’Azur, séjour princier en 1885

En cette fin du XIXe siècle la Côte d’Azur reçoit des hôtes illustres attirés par la douceur de son climat. Les uns viennent passer l’hiver, qui est en ce temps-là saison des touristes, d’autres s’installent à demeure. Le lecteur du Petit Niçois peut s’en convaincre par des articles parus tous deux dans le numéro du 4 février 1885.
Le premier de ces articles met en scène le Prince de Galles, le futur roi Édouard VII, dont on connaît le goût pour la France et dont la mère, la reine Victoria, effectue à la même époque des séjours à Nice. On y apprend qu’il fallait 12 heures pour aller de Paris à Avignon, distance que les TGV franchissent aujourd’hui en 2h30. Il faut noter que l’article est en première page alors que d’ordinaire c’est la deuxième qui est réservée aux faits divers.

«                             Arrivée du Prince de Galles
Le Prince de Galles est arrivé hier soir à Cannes.
Le train qui a amené le prince a eu à subir un grave accident ; heureusement les conséquences n’en ont pas été aussi regrettables qu’on pouvait le craindre au premier moment.
Le Prince de Galles a pris mardi soir, à Paris, le train de luxe qui part à sept heures. Il est accompagné de deux aides de camp et de deux intendants. Dans les autres coupés se trouvaient la princesse Branicka, M. Mariapi, des journalistes, parmi lesquels MM. Albert Delacour, des Débats ; Lange, de la Coulisse ; d’Orgeval, notre confrère bien connu à Nice, les Russes, des Anglais et des Américains qui viennent hiverner sur notre littoral.
En arrivant à Avignon hier mercredi, à sept heures du matin, ce train vînt à heurter un train de marchandises avec une telle violence que sept wagons de ce dernier train furent broyés. Le choc fut épouvantable. Le prince sauta rapidement sur la voie et, sans songer au danger qu’il avait couru, demanda s’il y avait des blessés. Il fut très satisfait quand il apprit que tout se bornait à des dégâts matériels.
Des pontonniers seront requis à Avignon, et l’on mit environ deux heures à déblayer la voie. Puis le train repartit, et le prince est arrivé avec un retard de deux heures à Cannes, où les autorités et la colonie anglaise, au complet l’attendaient à la gare pour lui présenter leurs hommages.
Une partie des trains de la journée sont, par la suite de cet accident, arrivés avec un retard assez grand.
Nous souhaitons la bienvenue à notre hôte royal. »

Le second article, paru en deuxième page du même numéro, annonce quant à lui la disparition d’une vieille dame étrangère installée à Nice et dont l’ascendance est plutôt étonnante :

« Décès. – On annonce le décès dans notre ville du dernier descendant d’une des plus illustres familles du Nouveau Monde, une descendante de Montezuma, empereur du Mexique.
Mme de Barragan, née de Meravelle, malgré son illustre origine, vivait simplement depuis près de onze ans dans sa villa de Carabacel.
Mme de Barragan, qui était la veuve d’un président de la République mexicaine, vient de mourir sans enfants. Avec elle s’éteint cette race, qui a brillé avec éclat dans l’histoire. »

Meurtre au village, Alpes-Maritimes 1885

Le Petit Niçois du 1er février 1885 raconte en première page le procès d’un assassin présumé devant la Cour d’Assises des Alpes-Maritimes, procès qui peut susciter quelques questions : Continue la lecture

Un navire abandonné, presqu’île de Giens 1885

Un fait divers qui a des airs de fortune de mer, mais qui n’est rien d’autre qu’un abandon de poste et un vol, voilà ce que raconte Le Petit Niçois du 29 janvier 1885. Un brick goélette est un trois-mâts qui n’en aurait plus que deux et ce navire nous rappelle l’importance de la marine à voile en ce temps-là. Une question se pose, et les enquêteurs ont dû se la poser : l’armateur ne grossit-il pas la somme dérobée à l’intention des assureurs ?

« Un navire abandonné. – Le trois-mâts grec Nicolas Calvocoresi, capitaine Colokandis, vient de remorquer, au port de Toulon, le brick goélette italien l’Agostina-Francesca.
L’Agostina-Francesca a été trouvée complètement abandonnée par son équipage, un de ses mâts cassés, sans voiles est totalement dévalisée.
C’est en passant près des côtes de la presqu’île de Giens, que le navire grec a fait cette singulière trouvaille.
L’armateur du brick goélette italien, M. Mathieu Giovanni, qui habite Nice, immédiatement prévenu, a déclaré qu’il y avait eu à bord 7000 fr. en espèces.
La Gazette de Nice, à laquelle nous empruntons cette nouvelle, ajoute qu’on est à la recherche de l’équipage et que l’on se perd en conjectures sur ce mystère. »

Le câlin qui sauve

Au XIXe siècle, le feu est partout : bougies, lampes à pétrole, cheminées, poêles, etc. Le tout au milieu de matériaux inflammables, bois et tissus qui ne sont pas ignifugés, très nombreux dans l’ameublement et aussi sur les femmes qui entassent jupon sur jupon. Il s’en suit que les départs de feu sont fréquents, comme celui qu’on peut lire dans Le Petit Niçois du 19 janvier 1885 :

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Un infanticide à Menton en 1885

Le 16 janvier 1885 on peut lire dans Le Petit Niçois le récit d’un triste fait divers :

«                                                Menton
Le cadavre d’un enfant nouveau-né a été découvert, hier, vers neuf heures du matin, dans la cour d’une maison de la rue du Palmier, par Mme Otto, qui habitait cette maison avec ses trois filles.
M. le commissaire de police, que cette dame avait fait prévenir, s’est immédiatement rendu sur les lieux, assisté des docteurs Farina et Réal.
Vers trois heures d’après-midi, M. le procureur de la république et M. le juge d’instruction, avertis à Nice par télégramme, sont arrivés et se sont rendus au domicile de la famille Otto, accompagnés de M. le commissaire de police, du juge de paix et du lieutenant de gendarmerie, pour procéder aux constatations d’usage.
Cela fait, le cadavre a été transporté au cimetière, dans la salle destinée aux autopsies.
De l’avis des docteurs, l’enfant est né viable, à terme, et sa mort remonte à une dizaine de jours.
La justice est probablement sur la voie des coupables, et des arrestations ne tarderont pas à être opérées. »

Carnet rose, Nice 1884

Un entrefilet paru dans Le Petit Niçois du 29 décembre 1884 annonce un mariage mondain que peu de romanciers oseraient imaginer :

« Mariage. – On annonce comme devant avoir lieu prochainement un mariage qui doit unir deux vieilles familles niçoises : celui du vicomte Charles Giletta de Saint-Joseph avec Mlle Vera Lacroix, fille de M. Albert Lacroix, banquier. »

Le mariage aura lieu le 2 février 1885. C’est le maire de Nice, Alfred Borriglione, qui le célèbre, alors que d’ordinaire la tâche est confiée à un adjoint. Un coup d’œil dans l’état-civil apprend que la jeune épouse est née le 10 avril 1863 et qu’en fait de « vieilles familles niçoises » sa mère est originaire de Moscou, ce qui explique d’ailleurs le prénom de Vera. On ose à peine imaginer les raisons de cette union, le banquier donnant sa fille à un aristocrate qui a un blason à redorer…

De la pub pour Nice en 1884

Dès 1884 le maire de Nice, Alfred Borriglione, emploie des moyens modernes pour promouvoir dans sa ville le tourisme qui, rappelons-le, est à cette époque un tourisme hivernal, comme le note un article paru le 20 décembre dans Le Petit Niçois, dont il est d’ailleurs le fondateur :

« La température de Nice. – Le Figaro publie, depuis quelques jours, un bulletin météorologique de notre ville, qui lui est envoyé de l’observatoire de Mont-Gros.
C’est à notre maire-député, M. Borriglione, qu’est due cette insertion qui, en faisant connaître toujours davantage la douceur de la température dont nous jouissons, ne peut que décider un plus grand nombre d’étrangers à venir passer l’hiver à Nice. »

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Alfred Borriglione, maire de Nice de 1878 à 1886.

La douceur du climat niçois sera par la suite le grand thème des affiches de la société des chemins de fer PLM, comme celle-ci, créée en 1895 par Frédéric Alexianu et Hugo d’Alesi :