#ChallengeAZ 2014

Réunis en une seule page, tous mes articles du Challenge AZ 2014. L’enjeu, proposé par Sophie Boudarel, était d’écrire à propos de la généalogie un article sur des mots commençant par chaque lettre de l’alphabet. Publiés au jour le jour du 31 mai au 30 juin, ces articles apparaissent donc ici dans l’ordre alphabétique inverse.

Z comme Zombies
Un généalogiste est un nécromancien qui a le pouvoir de susciter une armée de zombies : nouveaux-nés tout roses portés sur les fonts baptismaux par une jolie marraine, mariés pomponnés et habillés de frais suivis par une noce joyeuse, défunts bien propres allongés sagement sur leur lit et vêtus de leur plus beau costume, ce sont d’aimables zombies. Ils n’émergent pas de leur tombe, dégoulinants de chairs décomposées : ils se lèvent tranquillement d’entre les pages des vieux registres. Ils n’ont pas la figure déchirée de plaies jamais refermées : leur visage arbore le sourire de l’éternité enfin rencontrée. Ils ne déambulent pas, hagards, dans les rues pour s’emparer des vivants : c’est avec allégresse qu’il grimpent dans l’arbre généalogique et s’installent chacun gentiment sur sa branche. Et de là-haut, ils contemplent goguenards leur laborieux descendant qui cherche à redonner un semblant de vie à d’autres morts.
Y comme Y’a pas moyen
Je ne trouve rien pour le Y. Aucun de mes ancêtres n’a vu le jour à Yvetot, personne dans l’Yonne, pas le moindre Yougoslave. Aucun tirailleur sénégalais qui aurait pu dire « Y’a bon Banania ». J’ai connu un grand-oncle gazé en 14-18, mais il ne peut plus me préciser si c’était à l’ypérite. Certains de mes aïeux avaient les yeux bleus, d’autres les yeux marron ; pas de quoi rédiger un article. Quelques uns se sont peut-être amusés avec un yoyo, mais ce n’est pas certain. Personne n’a été assez riche pour s’offrir un yacht. La France ne connaissait pas encore les yogourths. Le yatagan n’armait pas leur bras. Ont-ils vogué sur des yoles, monté des yacks, l’yeuse ornait-elle leurs jardins ? L’un d’entre eux serait-il allé au Yémen ? Se plaisaient-ils à voir la floraison du yucca ? Aucun ne s’est prénommé Yves ou Yolande. Tristan et Yseult ne se sont pas posés dans mon arbre. Non, vraiment, y’a pas moyen.
X comme Xénophilie
Le mot xénophilie existe. Moins courant que son contraire la xénophobie, c’est le fait d’aimer les étrangers. Pour le généalogiste, le terme peut désigner le plaisir qu’il éprouve en se découvrant des ancêtres venus d’ailleurs. Ces trouvailles de noms exotiques lui donnent la satisfaction d’échapper à la grisaille hexagonale. Nous avons nous-même éprouvé mainte fois cette petite joie et y avons déjà fait allusion dans les articles de ce challenge AZ : anabaptistes suisses exilés en Alsace au XVIIème siècle, métallurgistes allemands venus mettre leur savoir-faire au service d’une manufacture royale au XVIIIème, ancêtres lointains du XVIème qui étaient probablement des reîtres venus d’Allemagne pour se battre aux côtés des Huguenots de Languedoc. Il y a aussi ces innombrables Niçois dont les noms sont italiens : Straudo, Musso, Gilli, Bonavia ; ou ceux dont le nom italien a reçu une forme provençale : Bottau, Seassau. Mais il est très difficile de trouver leur origine précise en Italie, car ils étaient déjà installés à Nice au XVIème siècle. Le seul que nous avons pu localiser est notre Sosa 168, Francesco Natarelli (1690-1750) venu de Quiliano en Ligurie ; ses descendants portaient d’ailleurs le patronyme « nissardisé » de Natareu. Encore plus curieux, dans une de nos branches francomtoises, ces frères Bouhélier qui avaient reçu de Charles Quint des privilèges de petite noblesse pour avoir vaillamment combattu les Français à Pavie ! Notre dernière découverte est celle d’un soldat espagnol, Francesco Preses qui, en 1749, quand les Espagnols alliés aux Français occupent Nice, épouse une Niçoise, Maria Francesca Daleuse, et devient notre Sosa 176. Nous avons essayé de donner une représentation graphique de ces multiples origines avec La carte des ancêtres. Il est évident que tout cela amène à réfléchir aux questions qui se posent à la France d’aujourd’hui, celle de l’Europe et celle de l’immigration.
W comme Peter Wasem
Pas facile la lettre W ! Heureusement mon Sosa 7506 s’appelait Peter Wasem, né le 5 septembre 1585 à Mülethurnen, un village du canton de Berne en Suisse alémanique. Il était le fils d’un certain Conrad Wasem et de son épouse Ann Koler. Ce Peter Wasem s’est marié le 8 juin 1612 avec une jeune fille nommée Barbara Schönthal, dont le patronyme signifie « belle vallée » et dont le prénom était très fréquent chez les protestants, tradition qui se poursuivra en Alsace jusqu’au XIXème siècle. Leur fille, prénommée aussi Barbara, naît le 10 avril 1626 ; elle constitue logiquement mon Sosa 3753 et je n’accablerai pas le lecteur en énumérant toute sa descendance. Quel rapport y a-t-il entre ces paisibles paysans helvétiques et l’auteur de ces lignes ? Leurs descendants vont être chassés de Suisse parce qu’ils sont devenus anabaptistes. Les adeptes de cette secte, jugés hérétiques par les protestants eux-mêmes, vont, à la fin du XVIIème siècle, se réfugier en Alsace dans des vallées que la guerre de Trente Ans et la peste noire ont vidées de leurs population. C’est le cas par exemple du petit-fils de Barbara Wasem, Joseph Deppen, né à Mühlethurnen en 1672, qui vient, accompagné de son épouse Christina Schlecht, née quant à elle en 1675 à Rüeggisberg, aussi dans le canton de Berne, s’installer à Neuviller-la-Roche, aujourd’hui dans le Bas-Rhin. L’Alsace n’est par très loin pour eux et elle jouit d’une liberté religieuse que n’a pas le reste de la France. Ces anabaptistes tirent leur nom du fait qu’ils veulent que le baptême soit l’acte conscient et volontaire d’un adulte ; en fait ce ne sont pas des raisons théologiques qui les ont fait expulser, c’est plutôt leur attitude vis-à-vis de la société : en effet, ce sont des non-violents, qui refusent de porter les armes, à une époque où beaucoup de Suisses vont s’enrôler comme mercenaires à l’étranger ; précurseurs des anarchistes, ils refusent toute autorité, celle de l’État comme celle du clergé et – fait gravissime – ils refusent de payer des impôts. En Alsace ils vivent en communauté dans d’énormes fermes dont certaines sont encore visibles. Par bien des aspects ils apparaissent comme de lointains devanciers des hippies et des babas cool. Mais leur costume est plus austère : les hommes portent un habit sombre et un chapeau rond, avec une barbe sans moustache. Leurs vêtements n’ont pas de boutons. Cette tenue est encore celle des Amish, car, au XVIIIème, siècle une partie d’entre eux émigre en Amérique du Nord. Ce sont des paysans et des éleveurs dont on apprécie les compétences en agronomie et en médecine vétérinaire. On aime aussi l’eau-de-vie qu’ils distillent. Ils n’ont ni prêtre ni pasteur : c’est l’un d’entre eux qui assume la charge des offices. Mais au XIXème siècle ils vont perdre leur spécificité et se fondre dans la masse des protestants évangélistes. Une de leurs descendantes directes, mon arrière-grand-mère Karolina Junger, mon Sosa 15, née en 1872, se mariera en 1895 à Klingenthal avec mon arrière-grand-père Adolf Gemehl, lui-même d’origine allemande.
V comme les noyés du Var
Avant 1860 le fleuve côtier du Var servait de frontière entre la France et le comté de Nice. Or, au XVIIIème siècle, il n’existait pas de pont pour le traverser – le premier ne sera construit qu’en 1792 – et on devait traverser le fleuve à gué. On pouvait se faire aider par des passeurs qui connaissaient les endroits favorables, mais les accidents étaient fréquents et les registres de sépulture établis à Nice, en italien, dans la paroisse de Sainte-Hélène, paroisse rurale qui jouxtait le fleuve et la frontière française, révèlent bien des drames. Par exemple « Le 16 juin 1778 a été inhumé le cadavre inconnu trouvé au fleuve du Var » ou bien « Le 29 décembre 1778 a été inhumé le cadavre d’inconnu trouvé noyé dans les eaux du fleuve du Var le 28 dudit [mois] ». Ces morts anonymes sont trop nombreux pour qu’on en donne ici une liste exhaustive. S’agit-il d’imprudents qui faisaient l’économie d’un guide pour passer à gué ? Plus étonnants, ces soldats noyés que rejette le fleuve. Manifestement, ils n’ont pas péri pendant une opération ou une patrouille : ils n’allaient pas traverser la frontière pour se rendre dans le pays voisin. Ce sont des déserteurs qui tentaient de fuir dans les deux sens : du royaume de France vers celui de Sardaigne, ou l’inverse. Ainsi : « Le 30 juin 1767 a été inhumé dans le lieu consacré le corps d’un homme vêtu d’un uniforme de soldat, qui s’est noyé dans le fleuve du Var. » Dans ce dernier cas on ignore à quelle armée appartenait la vicitime, mais souvent l’acte est plus précis : « Le 28 janvier 1778 a été inhumé le cadavre d’un soldat étranger déserteur, des troupes de France, trouvé noyé dans les eaux du fleuve du Var le 27 » ou bien « Le 12 avril 1778 a été inhumé le cadavre d’un homme vêtu en soldat au régiment de France, trouvé noyé dans les eaux du fleuve du Var le 11 » ou encore « Le 25 décembre 1781 a été inhumé le cadavre d’un Français déserteur trouvé noyé dans le fleuve du Var. » Il est rare que la victime soit identifiée avec précision : « Le 15 juillet 1768 a été inhumé dans le lieu consacré le cadavre de Sébastien Bernard d’Alsace en France, feu soldat du régiment Mayer, qui s’est noyé dans les eaux du fleuve du Var. » Plus exceptionnel le décès de militaires venant de Nice : « Le 28 novembre 1781 a été inhumé le cadavre d’un caporal sarde trouvé noyé dans le fleuve du Var ». Les conditions de vie y étaient-elles meilleures que dans l’armée française ?
U comme Uchronie
L’uchronie est au temps ce que l’utopie est à l’espace. Celle-ci décrit un lieu qui n’existe pas, comme l’a fait Thomas More, créateur du mot dans son roman Utopia en 1516. Celle-là décrit ce qu’aurait pu être le déroulement du temps si un événement avait été autre. L’inventeur de l’uchronie est René Barjavel qui, en 1943, dans Le Voyageur imprudent imagine l’histoire suivante : un voyageur temporel remonte dans les années et tue l’homme qui deviendra plus tard son grand-père. Or, s’il a tué son grand-père, lui-même ne peut pas exister. Donc il n’est pas remonté dans le temps et n’a pas tué son grand-père. Donc il existe et remonte dans le temps… À y bien réfléchir, la généalogie elle-même est une remise en cause perpétuelle de l’uchronie. On essaye, à travers les mille et un aléas de l’histoire, d’établir cet enchaînement unique de causes et d’effets qui a mené à sa propre personne. On s’aperçoit que son existence est une sorte de miracle qu’une infinité de circonstances auraient pu empêcher. Serais-je là, devant mon clavier, si un boulet autrichien avait emporté Toussaint, mon Sosa 128, à Marengo ? Ou si, vers 1680, une tempête avait englouti la barque de Jean Aubenque, mon Sosa 2106, patron pêcheur à Sète ?
T comme étang de Thau
En dépit de son modeste nom d’étang, l’étang de Thau est une immense étendue d’eau située dans l’Hérault, tout près de la Méditerranée. Avec ses 7500 hectares, il est plus grand que le lac du Bourget qui n’en mesure que 4450. Il communique avec la mer par un chenal à côté duquel on a créé la ville de Sète. La présence humaine sur les bords de l’étang de Thau est ancienne, facilitée qu’elle a été par ses ressources, car il est très poissonneux. À l’époque romaine, sa rive nord était occupée par des villas entourées de grands domaines agricoles. Des villages se sont constitués aussi au bord de l’étang, par exemple Bouzigues, qui est au départ une petite communauté troglodytique de pêcheurs. Quand Sète est fondée le 29 juillet 1666, le nouveau port attire des marins de Gênes, de Nice et de Toulon comme mon Sosa 2014, Laurent Baille (1653-1733), mais aussi des riverains de l’étang de Thau, notamment des habitants de Bouzigues, comme mon Sosa 2086, François Goudard (1630-1703), qui deviendra procureur judiciaire, ou bien Alexandre Vivarès (1648-1725), mon Sosa 1048, qui s’installe à Sète accompagné de son épouse Marguerite Françoise Artaud (1657-1727), elle aussi native de Bouzigues. C’est d’ailleurs une photographie de l’étang prise à Bouzigues qui illustre mon profil sur Twitter. Il paraît enfin que c’est en regardant l’étang de Thau depuis les fenêtres d’un train en 1942 que Charles Trénet, qui était lui aussi languedocien, a commencé à composer un de ses chefs-d’œuvre, La Mer.
S comme Soupe
Nos ancêtres ne se mariaient pas par amour. Ils ne se mariaient pas non plus pour réunir des terres. Ils se mariaient pour la soupe : chaque jour le mari apportait de quoi la faire et la femme la faisait. On a oublié ce qu’a été la soupe et les potages d’aujourd’hui n’en donnent qu’une bien faible idée. C’était l’aliment quotidien et preque unique de beaucoup d’Européens. Il avait cet avantage de permettre d’utiliser la totalité des ingrédients dont on disposait : dans la marmite on faisait bouillir ensemble, coupés en gros morceaux, tous les légumes qu’on pouvait trouver ; les herbes, c’est-à-dire ceux dont la partie comestible est au-dessus du sol, et les racines, ceux dont elle est en dessous. On servait ce mélange et son bouillon dans une écuelle où se trouvaient des tranches de pain. En fait le mot soupe désigne au départ ces tranches de pain elles-mêmes. On perçoit encore ce sens originel dans la pittoresque expression « être trempé comme une soupe. » Le mot provient d’un terme germanique, *suppa, qui apparaît dans le latin du Vème siècle, ce qui donne un indice sur l’époque où le plat s’est répandu et sur son origine. Quant aux Romains, leur aliment de base était le pulmentum, une bouillie de céréales héritée des Étrusques ; ce mot a survécu dans l’italien pollenta.
R comme Royaume de Piémont-Sardaigne
Quand il est né à Nice en 1856, mon arrière-grand-père-paternel, ou, si on péfère, mon Sosa 10, Honoré Bellon, n’était pas français : il était sujet du roi de Piémont-Sardaigne. D’ailleurs, dans son acte de baptême qui est en italien – les Français n’avaient pas encore imposé leur état-civil – son prénom est Onorato, vieux prénom traditionnel à Nice. En fait lui-même n’employait que la forme niçoise Onourate. Il est devenu français lors de l’annexion de 1860 qui fut travestie en plébiscite. Pour le récompenser, la France lui a pris son unique fils, mort soldat en 1918. D’après les témoignages que j’ai pu entendre, il a refusé toute sa vie de se dire français. Ville grecque fondée par les Phocéens de Marseille, dernière ville d’Italie pour les Romains avant la frontière de la Gaule que constituait le fleuve du Var, la nationalité de Nice a connu pas mal de vicissitudes. Elle appartient à la Provence pendant la plus grande partie du moyen âge. Mais, pour échapper aux Anjou qui y règnent, elle s’en détache en 1388. Le comté de Nice ne peut pas rester seul face à la Provence et fait alors allégeance à la Savoie. À partir de cette date, son destin est lié à celui de ses nouveaux suzerains, les ducs de Savoie, qui possèdent aussi le Piémont. En 1720, ils deviennent rois de Sardaigne et Nice est intégrée dans ce royaume dont la capitale était Turin. Il reçoit ensuite le nom de Royaume de Piémont-Sardaigne.
Q comme Quatorze-Dix-huit
Quelle aubaine, on célèbre cette année le centenaire de la grande boucherie ! Les Poilus ne sont pas morts pour rien. Grâce à leur souffrance, la production bat son plein. Ils n’ont pas été déchiquetés par les obus, grillés par les lance-flammes, percés par les balles pour des queues de prune : on peut produire des émissions de télévision, éditer des livres, créer des jeux video, inviter à des circuits touristiques. Tout bon généalogiste va se souvenir d’un aïeul ou d’un bisaïeul dévoré par les poux, les pieds gelés dans la boue de la tranchée, attendant le coup de sifflet fatal qui l’enverra devant les mitrailleuses boches. Ce glorieux ancêtre aura la satisfaction posthume d’être le sujet d’un article sur un blog, voire le héros d’un tweet. Comme chantait Brassens, « Moi mon colon, cell’que j’préfère, C’est la guerr’de quatorz’-dix-huit !« 
P comme Paléographie
Souvent, quand on débute en généalogie, on se croit obligé d’apprendre la paléographie, ceci sur la foi de quelque manuel d’initiation qu’on aura lu. Et on va passer quelques heures laborieuses à étudier comment écrivaient les Croisés – ceux qui savaient, en tout cas. Comme si on allait se trouver des ancêtres au moyen âge ! En réalité on remontera rarement au-delà du XVIIème siècle et les écritures qu’on va rencontrer sont peu différentes de la nôtre. Seule la forme des s est vraiment autre, mais une fois qu’on l’a remarqué, plus de problème. Pourtant on va avoir à surmonter de rudes difficultés dans la lecture des registres, même si ceux du XIXème siècle sont clairs et très lisibles. Il faut dire que, dans les villages, c’est souvent le maître d’école qui assurait alors la fonction de secrétaire de mairie. La catastrophe commence avec le XVIIIème siècle : on se demande comment le clergé paroissial a pu laisser des grimoires couverts de pareils gribouillis. Reconnaissons que les prêtres avaient quelques circonstances atténuantes : ils écrivaient avec le mauvais matériel de leur époque, des plumes d’oie qui venaient tout droit de la basse-cour et qu’on biseautait avec un canif ; ils travaillaient dans des endroits mal éclairés, pressés entre leurs diverses tâches qui étaient nombreuses. En plus, pour eux la tenue des registres paroissiaux n’était pas un devoir sacerdotal ; c’était une obligation que leur imposait le pouvoir civil. D’où peut-être la tentation de bâcler l’ouvrage et de ne lui accorder qu’un minimum de soins et d’énergie. Il nous en reste ces pages pénibles et parfois impossibles à déchiffrer. Mais, de grâce, n’appelons pas cela de la paléographie ! C’est tout au plus de la cochonnographie.
O comme Olive
Brassens chantait « Tout l’monde peut pas s’appeler Durand ». J’ai des ancêtres Durand mais, heureusement pour la lettre O du challenge, j’en ai aussi qui s’appelaient Olive. Ce patronyme pittoresque, qui évoque le Midi méditerranéen, a été porté par mon Sosa 1055, Marie-Anne Olive, née en 1685 et morte en 1750. Elle était la fille d’un certain Pierre Olive et de son épouse Marguerite Bourrel, qui ont fait partie des premiers habitants de Sète dans l’Hérault, ville fondée en 1666.
N comme Numérisation des archives
Un immense progrès : les archives numérisées et consultables sur internet. Plus besoin de faire des centaines de kilomètres comme aux temps héroïques. Plus besoin de se battre avec des lecteurs de microfilms dont le fonctionnement était chaque fois différent. Plus besoin de surveiller sa montre dans l’anxiété de la fermeture. On peut tranquillement consulter les registres sur son ordinateur personnel au moment qu’on veut et suivant son propre rythme. Certains sites fonctionnent très bien, notamment celui des Archives Départementales des Alpes-Maritimes et c’est un vrai plaisir que d’avoir recours à eux pour ses recherches. Mais la situation est loin d’être idéale. Il arrive que le logiciel choisi par les archives n’affiche pas correctement les données graphiques. D’autre part les archivistes se sont souvent contentés de numériser les microfilms laissés par les Mormons quand ils ont photographié les registres. Or le travail de ceux-ci remonte aux années 1980 et du temps a passé : d’après la loi, on devrait pourvoir consulter les archives d’état-civil datant de plus de soixante-dix ans : les registres de 1943 sont donc légalement accessibles. On en est bien loin ! Il n’est pas très fréquent que des mises à jours aien été pratiquées. Et elles dépassent rarement 1912. Il arrive d’ailleurs qu’on trouve des registres numérisées qui ne sont pas consultables en ligne, mais seulement en salle. Pourquoi une telle incohérence ? De plus, la numérisation et son corollaire, la mise à disposition sur internet, ne sont pas universels. Certains départements ne proposent rien au-delà du XIXème siècle. D’autres ne proposent rien du tout, pas la moindre archive numérisée. À qui la faute ? Aux archivistes eux-mêmes en premier lieu : il semble que certains ont peur de perdre leur travail par la concurrence d’internet. Mais est-ce leur vocation de surveiller des salles de consultation et d’indiquer où se trouvent les boîtes de microfilms ? Les principaux responsables sont en fait les petits potentats des conseils généraux qui peuvent ainsi jouir de leur sentiment de puissance en l’exerçant sans prendre de risques sur une partie de la population : ce ne sont pas les paisibles généalogistes qui vont descendre dans la rue avec des barres de fer et des battes de base-ball.
M comme Mentions insolites
La recherche généalogique est très souvent ennuyeuse : on passe des heures et des journées à parcourir des registres insipides. Les actes succèdent aux actes et se ressemblent tous. Peu de plaisir à cette morne activité, si ce n’est, de temps à autre, la rare découverte d’un nouveau patronyme ou d’un nouveau lieu. En fait, cela est surtout valable pour les actes de baptême et de mariage : on naît et on se marie toujours de la même manière. Par contre il existe tellement de façons de mourir ! Les actes de sépulture sont quand même plus amusants. Il y a d’abord la variété des âges, qui vont de moins d’un jour à un siècle. Et surtout on peut y rencontrer ce qu’il est convenu d’appeler des « mentions insolites », quand un prêtre ou un officier d’état-civil un peu curieux notait des façons de quitter cette vie qui échappent à la norme. On pourrait citer quelques exemples empruntés aux registres de Saint-André-de-Sangonis dans l’Hérault. Ainsi, « le 19 juillet 1766 a été enterré Etienne Marty natif du Batud, diocèse de Limoges, mourut le jour d’hier écrasé par une charrette ». Ou bien cet acte de sépulture : « le 4 octobre [1770] a été enterré Antoine André, mourut le jour d’hier à la suite d’un coup de fusil qu’il reçut dans sa vigne et en plein jour le deux du même mois, âgé d’environ soixante et dix ans ». Ou encore l’enregistrement du décès de Philippe Reynard, soldat de la Grande Armée mort d’une chute en Catalogne alors qu’il était « poursuivi par les Espagnols », »vers la fin de septembre 1811″. En effet ces mentions insolites, outre le fait qu’elles renseignent sur les façon de vivre d’antan, rejoignent parfois la grande histoire.
L comme Logiciels de généalogie
Tous aussi médiocres les uns que les autres. Aucun ne présente la fiche complète d’un individu quand on clique sur lui, en affichant non seulement des dates et des lieux, mais aussi les notes rédigées à son propos. Aucun ne permet de naviguer commodément et rapidement dans l’arbre généalogique. Beaucoup demandent, voire imposent, de mentionner si une personne est morte ou vivante. L’intérêt de cette fonction est évident quand on traite de quelqu’un né vers 1720. Nombre d’entre eux proposent aussi de mettre une photo de ce même individu, quand ce n’est pas un document video. Tous ne permettent d’exporter un arbre qu’au format .PDF, très difficile à intégrer dans le texte d’une publication : les concepteurs de ces logiciels savent-ils qu’ils existe d’autres formats comme .RTF ou .ODT, sans parler de .DOC, voire de .TXT ? En plus ils ont cédé à la mode actuelle du « cloud » : leurs programmes invitent, souvent de façon autoritaire, à synchroniser les données locales avec leur double sur un site internet. On gâche pour rien les ressources de l’ordinateur et la perte de temps est conséquente. Comme si un dépot régulier sur Geneanet ne suffisait pas !

K comme Klingenthal

En 1730 Louis XV décide de créer une manufacture d’armes blanches afin d’équiper son armée. Pour cela on définit d’abord les caractéristiques du lieu : il doit être assez proche des frontières du nord-est pour que le délai d’approvisionnement des troupes ne soit pas trop long ; il doit être traversé par une rivière capable d’alimenter des machines ; on doit y comprendre l’allemand pour accueillir des spécialistes venus d’outre-Rhin. Un endroit correspond à cette définition : c’est une petite vallée alsacienne proche d’Obernai et du Mont Sainte-Odile, située entre les villages d’Ottrott et de Boersch. On donne un nom à l’endroit : Klingenthal, « la vallée des lames ». On crée la manufacture, qui, fournisseuse de l’armée, est dirigée par des officiers. On embauche des ouvriers dans les villages alentour et, surtout on fait venir des Allemands experts en métallurgie. Parmi eux mon Sosa 112, Johann Daniel Gemehl, natif de Heidelsheim dans le Pays de Bade. Ces Allemands s’unissent par la suite aux descendants des anabaptistes suisses, devenus protestants eux aussi, qui peuplent les vallées voisines, comme mes ancêtres Neuhäuser ou Sommer. Ma grand-mère maternelle elle-même (1898-1950) s’appelait Bertha Gemehl.
J comme Joly
Il arrive que la monotone répétition des actes d’état-civil prenne un peu de vie par le côté inattendu des noms, par exemple pour ce mariage qui se déroule le 23 septembre 1811 dans le département du Doubs. D’abord le lieu : c’est La Grand’Combe-des-Bois. Ce nom suscite des images de forêt profonde et sauvage. De plus le mot combe lui-même est un de ces mots gaulois, cumba, qui ont survécu jusqu’en français. Il désigne un creux dans un relief, une vallée encaissée. Avec lui c’est aussi la profondeur des âges qui s’ajoute au toponyme. Quant aux mariés, qui sont mes Sosa 48 et 49, il s’appellent Xavier Ferréol Gentil et Athanase Charlotte Joly. Leurs patronymes forment un contraste avec le nom du village : un couple Gentil et Joly, tout un programme !
I comme Incongruités
Quand on commence à s’intéresser à la généalogie, on rencontre des affirmations comme « neuf Français sur dix descendent de Charlemagne ». D’abord j’espère bien être le dixième, celui qui ne descendrait pas de ce triste personnage qui a fait massacrer les Saxons refusant d’être chrétiens parce qu’il s’ennuyait de ne plus faire la guerre aux Sarrasins. Il faut d’ailleurs remarquer que cette assertion a évolué dans le temps : on disait d’abord « neuf Français sur dix descendent de Saint Louis » et actuellement la tendance serait plutôt au « neuf sur dix descendent de Gengis Khan ». Curieusement on voudrait se rattacher à des souverains de plus en plus sanguinaires, comme si leur poids de violence rendait la prétendue parenté encore plus importante. Des souverains, il faut le souligner : personne ne dirait « neuf Français sur dix descendent de Bertrand, mendiant au XIème siècle », ce qui aurait autant de chances d’être vrai. Comment peut-on produire une telle allégation ? En se fondant sur un raisonnement qui a l’apparente rigueur des mathématiques : tout le monde sait que le nombre d’ascendants de la génération n est de 2 à la puissance n. Un des premiers faits amusants qu’on découvre en généalogie est qu’avec ce calcul on aurait à l’époque des Croisades plus d’ancêtres qu’il n’y avait de gens sur Terre. De là à penser que tout le monde descend de tout le monde, il n’y a qu’un pas que les statisticiens n’osent franchir qu’en s’abritant derrière un écran de fumée grâce au calcul des probabilités. Mais ces arguments pseudo-scientifiques ne résistent guère au bon sens, même s’ils sont assez obscurs et abscons pour qu’il soit quasi impossible de les combattre sur leur propre terrain. Il suffit de prendre en considération la vraisemblance géographique et sociale. Et puis, si neuf Français sur dix descendaient de Gengis Khan, n’auraient-il pas les yeux bridés et de fines moustaches ?
H comme Heulz
Quelques uns de mes ancêtres du XVIIème siècle s’appelaient Heulz, par exemple mon Sosa 1460, Michel Heulz. Quoi de plus normal que de trouver un nom allemand quand on a une branche de son ascendance en Alsace ? Mais justement ce n’est pas en Alsace que j’ai rencontré ces Heulz, c’est au fond du département de l’Hérault, dans la bourgade de Saint-André-de-Sangonis. Comment expliquer leur présence ? La seule explication vraisemblable est qu’ils descendent d’un reître, ces soldats allemands venus prêter main-forte aux huguenots pendant les guerres de Religion du XVIème siècle ; ils ont été nombreux dans le Languedoc où les protestants étaient également nombreux et certains ont pu faire souche. J’émettrais volontiers la même hypothèse à propos de mon Sosa 4162, Georges Alemand, né à Montpellier le 30 novembre 1591, dont le patronyme ne laisse guère de doute sur l’origine ; il était d’ailleurs le fils d’un Bernard Alemand qui, au vu des dates, pourrait être lui-même un de ces reîtres. C’est le genre de découverte qui rend les recherches généalogiques gratifiantes, quand elles rencontrent l’Histoire.
G comme Génétique
Voilà ce qui arrive quand la science met son nez dans ce qui ne la regarde pas : on prétend que l’analyse de notre ADN va nous révéler notre origine ethnique ou géographique. Ainsi, après avoir donné un peu de salive et pas mal de dollars, je vais apprendre que mes ancêtres ont traîné leurs sandales ou leurs sabots en Europe. Merci de ce précieux renseignement auquel je ne me serais certes pas attendu. D’après un article paru dans le blog de Geneanet, on vous propose même de « suivre votre ADN jusqu’à sa région d’origine » ! Là on tombe carrément dans le mensonge : la simple lecture des registres me montre que j’ai des aïeux aux trois coins de notre continent : laquelle sera élue comme « région d’origine » de mon ADN ? Et les menus aléas de l’histoire ? Est-ce que la grosse malice des scientifiques va les détecter ? Si une de mes aïeules a succombé au charme d’un Sarrasin aux yeux de velours, cela se verra-t-il dans mon ADN ? Cela n’a pourtant rien d’impossible, puisque les Maures ont occupé au moyen âge pas mal des villages de mes ancêtres. Heureusement qu’en France le législateur a interdit ce genre de recherches et opposé un barrage à la stupidité !
F comme Filles-mères
Ah les coquines ! Ah les friponnes ! Ah les cochonnes ! Elles se sont bien amusées ! Elles se sont donné bien du plaisir ! Elles se sont envoyées en l’air, qui avec le valet de la ferme, qui avec le maître lui-même, qui avec le facteur. Mais elles n’ont pas pensé à leur descendant, le pauvre généalogiste, qui allait se retrouver avec une branche irrémédiablement vide dans son arbre.
E comme Écume de l’océan
On est content quand on progresse dans sa généalogie : les nouveaux patronymes s’accumulent, surtout au début, quand on a affaire aux actes bien lisibles du XIXème siècle ; on souffre un peu plus avec les gribouillis si fréquents au XVIIIème, mais on continue quand même. On arrive enfin au XVIIème et on se dit qu’on est remonté très loin : on a atteint la treizième génération, voire la quatorzième. L’empilement des couches d’ascendants sur l’écran donne le vertige et on se prend à rêver à ces aïeux qu’on croit si éloignés. Mais tout cela n’est qu’une illusion : ces ancêtres, aussi lointains qu’ils paraissent, ne sont que la mince frange d’écume des vagues qui viennent mourir sur la plage ; derrière, il y a la mer immense, il y a l’océan des âges. Bien avant ces quelques sujets de Louis XIII, se sont succédées des dizaines et des dizaines, des centaines de générations. La généalogie ne nous donne à apercevoir qu’une frange ridiculement étroite de l’histoire de notre humanité.
D comme Dix-neuvième siècle
J’ai connu le XIXème siècle. Bien que né quelques décennies après le début du XXème, le XIXème est souvent venu à moi comme viennent, apportés par le vent, les embruns des vagues se brisant sur la digue. Par exemple je me souviens de cette vieille dame, quasi centenaire, qui, devant le petit garçon que j’étais, évoquait ses souvenirs du siège de Paris en 1870. Elle avait mangé du chat. Et après que les chats aient disparu de la capitale, elle s’était sustenté avec du rat. Dans un autre registre, la sœur aînée de ma grand-mère me racontait la bise que lui avait donnée la reine Victoria quand, âgée d’une dizaine d’années, elle lui avait apporté un bouquet de fleurs. C’était à Nice, où la souveraine britannique passait les derniers hivers de son règne dans le palace qu’on lui avait construit. Ma grand-mère elle-même avait entendu parler des soldats sardes qui s’entraînaient dans le lit à sec du Paillon, à l’époque où Nice n’était pas française. Quant à mon arrière-grand-mère, elle me décrivait ses années dans une pension de jeunes filles de l’Hérault à la fin du XIXème siècle, ce qui plus tard m’a aidé à apprécier Madame Bovary.
C comme Catherine Ségurane
En 1543 François Ier, surnommé le Roi Chevalier, envoie les Turcs assiéger Nice à sa place. Attaquant à la fois par terre et par mer, les Ottomans s’emparent d’une partie de la ville et livrent un assaut à la citadelle. Ils s’apprêtent à y planter leur étendard au croissant d’or quand surgit une jeune Niçoise. C’est une lavandière nommée Cattarina Segurana. Elle est armée de son battoir et abat quelques janissaires. Puis elle s’empare de l’étendard turc et ranime le courage de ses compatriotes. Ceux-ci la connaissent sous son surnom de « Maufaccia », la « Sale Tête ». Quoi qu’il en soit, ce n’est pas seulement à sa figure que les assiégeants auront à faire : l’héroïne grimpe sur les remparts, soulève ses jupes et montre son postérieur aux ennemis. La flotte ottomane est repartie.
B comme Bécassine
Ils ont de la chance, les Bretons et leurs descendants. Ils ont une figure emblématique pour symboliser leurs ancêtres, la gentille Bécassine avec son bon visage tout rond. Mais comment représenter les miens ? Qui reconnaîtrait une Francomtoise ou une Languedocienne à son costume ? La Niçoise est trop jolie avec sa jupe rayée blanc et rouge et son grand chapeau de paille. Quant à l’Alsacienne elle a sur la tête l’énorme et ridicule coiffe noire que lui a imposée le stupide Hansi qui connaisssait mieux les ballons de rouge des cafés de Montmartre que les ballons des Vosges.
A comme Amish
Les Amish sont mes cousins. Ces aimables sectaires qui refusent le progrès, vivent au fond de la Pennsylvanie sans électricité, portent une barbe sans moustache et circulent dans des carrioles à chevaux, ont les mêmes ancêtres que moi. Ils descendent des anabaptistes suisses expulsés du canton de Berne au XVIIème siècle et venus s’installer dans des vallées d’Alsace dépeuplées par la guerre de Trente Ans et par la peste. Ils refusaient l’autorité de l’État, la violence, le métier des armes et les Églises. Quelques uns sont partis en Amérique et certains y parlent encore l’allemand.

17 réponses à “#ChallengeAZ 2014

  1. Je ne connaissais pas leurs origines, c’est étonnant je pensais qu’ils venaient d’Allemagne. Lorsque je vais à Wichita (Kansas) pour mon travail, je les rencontre à l’aéroport, il y a une communauté à Hutchinson dans les environs de Wichita. En les voyant on a l’impression de revenir 200 ans en arrière.

  2. Je connaissais l’existence des Amish et les images les images du film « Le Village » de Night Shyamalan me reviennent à l’esprit.

  3. Et moi qui croyais que vous alliez nous montrer par quels liens Bécassine est votre cousine…

  4. Et qui pourrait dire à quoi ressemble une Dauphinoise en costume traditionnel? A part notre gratin, nous n’avons pas -non plus- de figure emblématique 🙂

  5. Je ne connaissais pas l’origine des Amish, c’est chose faite.
    Il est vrai que nous n’avons pas de figure emblématique francomtoise ni languedocienne. C’est bien dommage. Et il y a certainement d’autres régions où c’est le cas.

  6. Cette jeune Niçoise n’avait pas peur … aux yeux, et pleine de courage.

  7. J’aime bien cette présentation de challenge, et surtout le contenu ! Au plaisir de lire la suite.

  8. Très belle métaphore, celle de l’immensité de l’océan pour représenter l’infinité des générations!

  9. J’aime beaucoup l’article Ecume de l’océan. Je le trouve très poétique et oh combien vrai.

  10. Pour les Filles-Mères, ne pas oublier qu’un bon nombre d’entre elles avaient aussi été victimes d’hommes peu scrupuleux.

  11. Vos textes me fascinent. Brefs et percutants !

    En passant, parlant de filles-mères, la revue de la Société de Généalogie du Québec de ce mois-ci, L’Ancêtre, qui vient juste de paraître hier, publie un article sur la descendance des Villiard, un matronyme. Cette femme avait eu quatre enfants de « père inconnu », entre 1784 et 1799, dont un fils portait son nom. « À preuve du contraire, tous les Villiard du Québec, doivent leur nom de famille à cette fille-mère. », prénommée Marguerite. Son fils Amable eut à son tour cinq fils qui transmirent le nom hérité de leur grand-mère. Finalement, cette femme se mariait en 1808 avec Joseph Cantara, un voyageur.

    • Merci pour votre commentaire ! J’ai aussi des mères célibataires dans mes aïeules, aussi bien du côté maternel que paternel. J’avais juste envie de rire un peu. Cela ne m’empêche pas d’être sensible à la souffrance qui a dû être celle de ces femmes.

  12. Un mariage « Joly-Gentil »… les bonnes fées s’étaient penchées sur le berceau des enfants. Ont-ils été fidèles à leurs gênes ?

  13. Je suis tout à fait d’accord avec vous sur tout l’article de la numérisation des archives, c’est si bien de pouvoir retrouver des ancêtres grâce à cette option, car on n’a pas forcément la possibilité de se déplacer. Il m’est arrivé de ne pas pouvoir consulter des archives même à partir de 1900 car non numérisées …????!!!!

  14. Bonsoir Jean-Michel,
    avec quelques semaines de retard, je trouve enfin le temps de lire les articles du Challenge. Bravo pour cette participation.
    Je retiendrai l’histoire de Klingenthal, que j’ignorais alors que ce village n’est qu’à quelques kilomètres de chez moi. Merci aussi pour ces anecdotes sur les anabaptistes et la région niçoise. Et quel style percutant. J’aime !
    Bonne continuation

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