Tué d’un coup de quille à Sète en 1679

La vie de nos ancêtres n’ignorait pas la violence au quotidien, comme en atteste un acte de sépulture rédigé en 1679 dans la paroisse St-Joseph de Sète :

« Vidal Berau maître maçon a été assommé d’un coup de quille
le 24 février 1679 dans la maison de Jean Bosc habitant de ce
lieu a été enseveli dans le cimetière de la paroisse de St-Joseph présents
Simon Goudard et François Goudard habitants signé avec moi vicaire. »

Un meurtre brutal, dont la cause n’est pas précisée. Au vu des circonstances on peut écarter l’hypothèse d’un crime crapuleux. On penserait plutôt à une querelle mettant au prises des adversaires avinés. L’un d’entre eux, pris de fureur, s’empare de la première arme à sa portée, en l’occurrence une quille, et s’en sert pour fracasser la tête de son antagoniste.
Ce fait divers nous donne aussi quelques renseignements sur la vie à Sète en cette fin du XVIIème siècle.

D’abord il témoigne de la pratique du jeu de quilles, effectivement très ancienne ; et en ce mois de février les quilles doivent être rangées dans un coin de la maison.

Il est d’ailleurs possible que la victime, Vidal Berau, soit un locataire de ce Jean Bosc. La ville de Sète, fondée en 1666, est alors en pleine construction et la présence d’un maître maçon venu d’un endroit voisin n’a rien d’insolite.

Il faut enfin noter que l’inhumation a lieu le jour même de la mort de Vidal Berau : celui-ci a été « assommé » le 24 février et les actes de baptême qui précèdent et suivent cet acte de sépulture sont tous deux datés aussi du 24 février.

Un des deux témoins de l’acte, Simon Goudard, est lieutenant de justice ; quant au second, François Goudard, c’est mon Sosa 2086, mon ancêtre à la 12ème génération. Ce natif de Bouzigues, au bord de l’étang de Thau sur la rive sud duquel on a créé Sète, a été un des premiers habitants du nouveau port dont il est devenu procureur judiciaire ; preuve que la justice n’est pas restée étrangère à cette affaire.

5 réponses à “Tué d’un coup de quille à Sète en 1679

  1. L’affaire est sûrement passée en justice et votre ancêtre à peut être été un témoin clé

  2. Merci pour votre commentaire ! Mais j’ai dû mal m’exprimer : les deux Goudard sont témoins de l’acte de sépulture et non de l’acte criminel lui-même. En effet les actes de sépulture de Sète à cette époque sont toujours contresignés par deux témoins ; en l’occurrence ce sont des gens de justice, mais cela peut être aussi des personnes ordinaires.

  3. Vous dites que françois Goudard est votre ancêtre. N ayant pu remonter plus loin ( car impossibilité pour moi de déchiffrer l’écriture) ce peut il que françois ou simon GOUDARD puissent faire partie de cette descendance :
    Ma mére rose GOUDARD de séte (son pére jean baptiste et sa mére adélaîde DUMAS), j ai pu remonter jusqu au 10 nov 1766 naissance d’un simon GOUDARD le pére étant Théodore tonnelier et la mére
    marie rose CHANOINE parrain simon GOUDARD et marraine marie rose CHANOINE.
    Merci de votre réponse et bravo pour tout ce travail.

    • Désolé, mais je n’ai pas ces personnes dans mes données. Cependant la parenté n’a rien d’impossible : tous ces Goudard viennent d’une même souche qui est issue de Bouzigues.

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