#généathème : François Dagnino, infirmier

Le centenaire de la guerre de 1914 me fournit l’occasion d’évoquer un autre de mes grands-oncles, que j’ai bien connu dans mon enfance et qui a eu la chance de participer de façon pacifique au conflit, François Dagnino.Il est né le 3 mars 1889 à Nice où son grand-père, Angelo Dagnino, était venu d’Alessandria dans le Piémont pour s’y s’installer. Quand la guerre éclate, François est employé de commerce. D’après les registres militaires, il a les cheveux blonds et les yeux marron, le nez aquilin et un menton à fossette. Il mesure 1,63 m et porte au front une cicatrice due à une chute.

En 1909 il s’est marié avec Marie Bellon, une des sœurs aînées de ma grand-mère et, en 1912, ils ont eu une fille, Thérèse.

C’est un bon vivant et il est atteint de ce qu’on n’appelait pas encore une légère surcharge pondérale. À cause de cet embonpoint, il est mobilisé dans le service auxilaire du Régiment d’Antibes, le même 111e RI qu’Auguste Robaud, qui devient son beau-frère en 1918.

François Dagnino est ensuite enrôlé dans la 15e section d’infirmiers militaires, qui appartient au 15e Corps d’Armée et il est promu caporal le 1er février 1915  ; il devient sergent en novembre 1916. La 15e section d’infirmiers participe à la campagne d’Orient.

On peut d’ailleurs se poser des questions : comment ces infirmiers étaient-ils formés ? De nos jours c’est un métier qui demande plusieurs années d’études supérieures et des stages à l’hôpital. Ils devaient se limiter à prodiguer des premiers soins et avoir surtout un rôle de brancardiers. C’est de cette dernière fonction que la famille avait le souvenir à propos de François.

Le sergent François Dagnino,
photographie datée du 10 septembre 1918.
Sur l’écriteau au-dessus de lui on peut lire
« Abri bombardement ».
Il est démobilisé le 27 août 1919. Retourné à la vie civile, il devient marchand en gros d’huile d’olive – activité méditerranéenne s’il en est – et s’associe à un Juif. Depuis la nuit des temps, en effet, il existe à Nice une communauté israélite. Quand l’armée allemande occupe la « Zone Sud » en 1943, François va cacher son associé jusqu’à la Libération. J’ai entendu cette anecdote de la bouche de sa veuve, ma grand-tante Marie.

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