Épidémie chez les enfants de Sète en 1683

Sous l’Ancien Régime la mortalité infantile atteint des pourcentages effroyables : un enfant sur deux n’atteint pas l’âge de dix ans. Cette mort de l’enfant est si banale qu’il est rare d’en trouver la cause précise. Cependant un acte de sépulture établi à Sète en 1683 déclare exceptionnellement pourquoi des enfants sont morts.

« L’an de grâce 1683 les enfants de
Vincent, de Flavien et de la
fille de Pierre Long
ont été ensevelis dans le cimetière
de la paroisse de Sain-Louis
morts de la petite rougeole en foi de
ce ai signé »

Dans sa brièveté cet acte appelle quelques remarques, surtout sur ses lacunes : le vicaire Bousquet, dont on reconnaît la belle écriture n’a pas précisé le jour et le mois des obsèques. Il n’a pas noté non plus les prénoms des enfants ; ce sont ceux des parents qui tiennent lieu d’identité ; ne figure pas plus dans l’acte l’âge des petits défunts. Au fait, combien étaient-ils ? Ce n’est pas écrit ; trois au moins, mais rien n’indique qu’ils n’aient pas été plus nombreux.

Par contre la cause de ces décès est nommée : c’est la petite rougeole.

Le caractère contagieux de cette maladie infantile est déjà connu en cette fin du XVIIe siècle et le Dictionnaire de l’Académie française la définit ainsi en 1694 : “Sorte de maladie épidémique, qui vient communément aux enfans, & cause des rougeurs au visage, & par tout le corps.” (1694) Quant à l’expression de “petite rougeole”, souvent employée, elle ne désigne pas une forme particulière de l’affection, mais s’emploie simplement en fonction de l’âge des patients, comme l’écrit un traité de pédiatrie du XXe siècle : “La rougeole que l’on a qualifiée de petite rougeole chez les enfants du deuxième âge, à cause de sa remarquable bénignité,est comme la plupart des autres infections, fort grave chez le nourrisson.” (Dr G.Variot Traité pratique des maladies des enfants du premier âge 1921)

Quoi qu’il en soit, la rougeole aura été fatale à ces petits Sétois et on peut aussi se demander si le prêtre, en nommant la maladie, n’a pas voulu signaler d’une façon ou d’une autre le danger d’épidémie.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *