De l’intérêt de publier ses photos anciennes

Dans le cadre du généathème proposé pour le mois d’octobre 2014 j’avais publié un article intitulé « Deux photos d’une fête de famille en 1896  ». Il se fondait sur deux photographies d’assez grand format que ma famille se transmet de père en fils depuis le XIXe siècle. Je ne répéterai pas leur description, qu’on trouvera dans l’article précité, ni les résultats obtenus en essayant d’identifier les personnes représentées, qui sont dix-sept sur un des clichés et seize sur l’autre : j’avais pu mettre un nom sur neuf d’entre elles.Fête 1

Fête 2

Une fête de famille à Montpellier en 1896.

Or, tout récemment, j’ai reçu des informations de deux aimables lecteurs dont la famille possède des tirages de ces mêmes photographies. L’un d’entre eux, M. Gerbier, m’a écrit : « L’inconnu avec un chien était notre arrière grand père habitant 10 rue de l’Ancien Courrier avec son magasin de boulangerie-pâtisserie rue Saint-Guilhem. Son fournil était rue de Vallat. Il s’appelle Louis Tardieu. »

Louis Tardieu, identifié grâce à la publication sur internet.

Louis Tardieu, identifié grâce à la publication sur internet.

Ces renseignements concordent bien avec ceux que je possédais déjà : mon arrière-arrière-grand-père qui est au centre des photos, avec un chapeau sur la tête, et les avait sans doute commandées, était également commerçant et avait son magasin de peintures et papiers-peints dans cette même rue Saint-Guilhem. Il était né en 1853 et c’est en 1851 que Louis Tardieu a vu le jour en Lozère. Rien d’étonnant donc dans le fait que les deux hommes se soient connus et que Louis ait été invité à cette fête.
Le second de mes correspondants, M. Chazot, fournit des renseignements identiques sur ce Louis Tardieu, qui est aussi son arrière-grand-père, et il ajoute : « Ma mère Jeanne Jourdan était sa fille. Tout ce monde est sur les photos, y compris l’épouse de Louis, Anaïs Tardieu !!!! » Nul n’est à l’abri d’un lapsus et il faut sans doute lire sa petite-fille, car, si Louis Tardieu a eu quatre filles, aucune ne s’est prénommée Jeanne. Par contre sa fille aînée, Blanche Marie Anaïs, née en 1874, est présente sur les photographies : c’est la jeune femme en robe claire avec un camée sur le col, qui est en haut à droite sur les deux images. Son visage ressemble d’ailleurs à celui de son père. Elle se mariera en 1900 avec l’adjudant Jourdan, affecté au 122e RI qui est basé à Montpellier.

Blanche Marie Anaïs, la fille aînée de Louis Tardieu.

Blanche Marie Anaïs, la fille aînée de Louis Tardieu.

Il est possible que l’épouse de Louis Tardieu, Marie Anaïs, née en 1855 à Castres, soit la dame qui est près de lui sur une des photos. Mais alors qui sont les deux fillettes devant le couple ? Ses trois autres filles ont respectivement 21, 18 et 16 ans, ce qui ne correspond pas aux deux enfants représentées. Y aurait-il une erreur sur la date des photographies ? Elles portent la date de 1896, que mon arrière-grand-père, qui est dessus avec sa future femme, a probablement écrite ; à moins que cette année ne soit de la main de mon grand-père, son fils, qui l’aurait entendue de son père. De plus les âges des membres identifiés de ma famille concordent avec cette date : outre mon arrière-grand-père, on voit son frère Louis, né en 1883, et sa sœur Jeanne, née en 1887. Cela correspond bien aux deux enfants qui tiennent alternativement le grand chien danois pendant les poses, Louis Tardieu ayant choisi de prendre le sien sous son bras. Alors qui sont les deux fillettes ?

Marie Anaïs, l'épouse de Louis Tardieu.

Marie Anaïs, l’épouse de Louis Tardieu.

Ce n’est pas la première fois qu’une vieille photo publiée sur ce blogue trouve un écho : dans l’article « Mourir pour la Crète » où j’évoquais Louis Girardot, ici jeune garçon en costume marin, devenu soldat et participant à une expédition, un lecteur avait reconnu le photographe de La Canée qui avait tiré le portrait de mon arrière-grand-oncle et chez qui  avait été son propre aïeul pour les mêmes raisons. Tout cela me donne envie de développer une rubrique consacrée aux photos anciennes dont, par chance, je possède un nombre assez important.

9 réponses à “De l’intérêt de publier ses photos anciennes

  1. Quel bel article qui nous prouve tout le bien que peut internet à la pratique de la généalogie et de l’histoire !

    La deuxième photographie rappelle un peu la tradition des photos « tableaux vivants ». J’en ai acheté quelques unes en brocante.

    Dans notre famille, les photographies ont été identifiées par plusieurs générations, nous conservons les noms sur des claques.

  2. Cet article est une belle illustration qui pousse à publier les photos. J’aime bien les questions qui font réfléchir et avancer pour trouver les indices.

  3. Vos découvertes prouvent que le mélange Internet / Généalogie a aussi de bons côtés !

  4. J’ai aussi eu la chance de recevoir l’aide de lecteurs pour identifier des photos que j’avaient mises sur mon blogue. Ces vieilles photos sont des documents précieux qu’il ne faut pas laisser se perdre.

    Serait-ce possible que la photo soit plus récente que 1896 ? Tarieu a l’air plus vieux que 45 ans. Je lui en donnerais plutôt 55-60. S’il était grand-père, les deux petites pourraient être ses petites-filles.

    Celui qui tenait un verre à la main avait l’air de bien s’amuser 🙂

    • Votre remarque sur l’âge de la photo est tout à fait judicieuse et il est en effet possible que les deux photos soient plus récentes. En effet en 1896 mes arrière-grands-parents n’auraient eu que 18 ans, or là ils ont l’air plus âgés et sont sans doute déjà fiancés, voire mariés, puisqu’ils se sont mariés en 1900.

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