#généathème : Mes racines

« Mes racines » : c’est un des sujets proposés par Sophie Boudarel parmi les généathèmes de décembre. Je serais tenté de répondre en citant Salman Rushdie : « Un homme n’a pas de racines, il a des pieds. »

C’est ce qui ressort de mon enquête généalogique : à toute époque mes ancêtres ont bougé ; à un point tel que c’était, et c’est encore, un de mes plaisirs dans ma pratique de la généalogie de découvrir sans arrêt de nouveaux lieux, voire de nouveaux pays. S’il y a bien un mythe qui ne résiste pas à quelques recherches, c’est celui du village des origines. Je me suis trouvé actuellement des ancêtres dans onze départements et quatre pays étrangers. Je ne compte pas Paris où est né mon Sosa 3. Je suis né moi-même à Marseille où je n’ai aucun ancêtre et je vis à côté de Mulhouse où je n’en ai pas non plus. Je me suis amusé à marquer ces départements et ces pays sur une carte :
Départements des ancêtres de JMG
Deux nuances de vert : du vert plus pâle pour les départements où j’ai quelques ancêtres, du vert plus foncé pour ceux où ils sont plus nombreux. En fait ces quatre derniers départements sont ceux de mes quatre grands-parents et correspondent à quatre provinces : Languedoc, Nice, Franche-Comté et Alsace.
Les Bouches-du-Rhône sont en vert clair non pas parce que j’y suis né, mais parce que j’ai trouvé à La Ciotat une lointaine ancêtre née au XVIe siècle ; elle s’appelait Catherine Marine, Marine étant son patronyme et elle était d’ailleurs la grand-mère d’un marin de Toulon, évoqué dans l’article « Un métier, calfat ».
Avec une ascendance aussi dispersée il m’est difficile de me sentir des attaches quelque part et je dirais volontiers avec Voltaire : « Le paradis terrestre est où je suis ». Bref je n’ai pas l’impression d’avoir des racines dans un lieu quelconque, mais de plus la généalogie m’a amené à quelques réflexions : avant 1648 les trois quarts de mes ancêtres n’étaient pas français. 1648 est l’année de l’annexion d’une partie de l’Alsace par la France ; en 1678, c’est le tour de la Franche-Comté et il faut attendre 1860 pour Nice.
De plus je me suis découvert pas mal d’ancêtres étrangers : des Italiens venus de Ligurie au XVIIIe siècle ou avant pour s’installer à Nice et dans son comté, beaucoup d’Allemands du Pays de Bade, des anabaptistes suisses du canton de Berne, et même, plus récemment, j’ai trouvé un soldat espagnol qui, occupant Nice, avait épousé en 1749 une de mes aïeules niçoises.
Tout cela m’a amené à me convaincre de plus en plus que je suis un Européen, non pas comme l’entendent les pitres de Bruxelles et de Strasbourg, mais au vrai sens du terme, par les chromosomes. D’où l’extension en .eu dans l’adresse de mon blogue.
Et si j’avais à choisir parmi mes ancêtres européens, ma préférence irait aux Suisses anabaptistes en raison de leur esprit d’indépendance qui leur faisait refuser l’État, le baptême, les impôts, le clergé et le service armé.

6 réponses à “#généathème : Mes racines

  1. Beau billet!!! Pour ne pas sentir des attaches, dans ce contexte-là, c’est un peu normal. Je ne m’avance pas pour les autres régions, mais être né en Alsace, c’est très souvent avoir été baigné dans une culture forte, une manière de vivre qui nous différencie des régions voisines. Aussi loin que je remonte, j’ai principalement des ancêtres partageant le même dialecte: Alemannische. Les frontières par le passé, n’avaient pas le même sens et n’existaient pas dans les têtes. Allemands, suisses ou alsaciens, l’héritage culturel était similaire, car la langue l’était. Une identité, c’est avant tout un héritage culturel faite de traditions et de croyances. L’étranger est une autre notion, par le passé celui qui habitait le village d’à coté était déjà un étranger et c’est le point de départ de la xénophobie qui pouvait aller jusqu’à la haine dans les périodes de crises (ça me donne une idée de billet).

    Émotionnellement, je suis alsacien jusqu’au bout des doigts; intellectuellement, je suis citoyen du monde ce qui m’empêche un sentiment patriotique. Je ne sens pas français de souche et les seules valeurs de la France qui me parlent sont révolutionnaires: celles qui tirent l’homme vers le haut, dans un rêve d’égalité sans distinction de « race », de confession ou de sexe. L’Alsacien n’est français que depuis que sa langue est moribonde, le reste est propagande. Du moins, c’est ma conviction issue de ma compréhension actuelle de l’histoire.

    • D’accord avec vous en ce qui concerne la communauté alémanique. Moi non plus je ne me sens pas Français de souche, car trop nombreux sont mes ancêtres qui ont dû se battre contre les Français (Niçois et Franc-comtois notamment), mais plutôt Européen de souche, comme je le dis dans l’article.

  2. Un bel héritage, sans risque de consanguinité !
    Mais pourquoi la Haute-Savoie apparaît-elle en rose sur votre carte ?

    • Aucune intention dans le rose de la Haute-Savoie ; juste une erreur due au logiciel graphique : quand j’ai rempli le fond avec du rose, la frontière du 74 était mal fermée et elle a été envahie par le rose. Déjà Schengen ?

  3. Je me reconnais complètement dans votre article de blog et le fait d’avoir des ancêtres un peu partout est pour moi aussi un des plaisirs de la généalogie. Je vais vous exposer un fait assez remarquable : le sosa 784 de mon fils (ancêtre de son côté maternel) est né à Sauvessanges dans le Puy-de-Dôme à 30km de son sosa 128 (ancêtre du côté paternel) né à Saint Germain l’Herm, dans le Puy-de-Dôme. Tout cela en sachant que je suis née dans l’Allier et mon mari dans l’Aube, soit plus de 350km de distance…

  4. Pareil pour ma fille : mes propres ancêtres les plus au nord dans le Doubs sont à quelques km des plus au sud dans le Haut-Rhin du côté de sa mère. Mais c’était il y a deux siècles. Et ses parents sont nés à 700 km de distance.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *