Où il est question de noyades

Benoit Petit a publié récemment un excellent article intitulé « Série de noyades à Chaumont-sur-Tharonne XVIIème siècle » sur son blogue Mes Racines Familiales, où il évoque des accidents parfois curieux survenus dans le Loir-et-Cher entre janvier 1785 et août 1786. C’est l’occasion de rappeler que ce thème de la noyade a été évoqué dans quelques articles sur Maiores nostri :
« Il se noie en nageant dans le port de Sète en 1677 »
« Deux accidents mortels à Sète en 1678 »
« Deux sœurs se noient dans l’étang de Thau en 1695 »
« Baignade tragique en 1727 »
« Un mort dans le ruisseau, 1766 »
« #ChallengeAZ 2014 V comme les noyés du Var »
« Mourir à trois ans, 1818 »
À ces articles on peut joindre un article paru dans Annonces, affiches et avis divers, un hebdomadaire qui paraissait à Montpellier dans les années 1770 et propose, entre autre, une rubrique intitulée « Nouvelles intéressantes », pleine de faits divers. Le numéro du 14 juillet 1771 raconte une noyade :Titre journal
« Le triste événement dont nous allons instruire le public est moins lointain(1), puisqu’il s’est passé sous nos yeux. Mardi dernier un tailleur, s’étant allé baigner à la rivière du Lez(2) avec ses amis, s’écarta par malheur, et s’étant embarrassé parmi les roseaux dont cette rivière est presque couverte en certains endroits, ce qui la rend très dangereuse, il s’enfonça sans que ses amis pussent s’apercevoir de son désastre, parce qu’il était nuit, et qu’ils n’étaient pas à portée d’entendre ses cris sourds, et que l’effroi affaiblissait encore ; dès qu’on vit qu’il manquait, on courut à lui, mais on fit des vains efforts pour le débarrasser des joncs et des herbages dont il s’était comme enveloppé lui-même par les efforts qu’il avait faits pour se sauver ; on n’a pu pêcher son corps que le lendemain matin. »

Un acte de sépulture de la paroisse Notre-Dame des Tables de Montpellier nous livre l’identité du noyé :AS DERECH Mathias 12 juillet 1771 Montpellier Notre-Dame des Tables« L’an et jour que dessus Mathias Derech maître tailleur décédé le jour précédent
âgé d’environ quarante-six ans a été porté à l’église de Ste-Marie pour
y être enseveli présents M. Delanglade et Jean Baptiste Daudé signés avec
nous »
Mathias Derech s’est donc noyé le 11 juillet 1771 et il a été inhumé le 12 juillet.
(1) le journaliste vient de raconter des événements survenus à Constantinople.
(2) fleuve côtier long d’une trentaine de kilomètres qui passe à Montpellier et se jette dans la mer à Palavas-les-Flots.

Les bords du Lez près de Montpellier.

Les bords du Lez près de Montpellier.
AD Hérault

3 réponses à “Où il est question de noyades

  1. Oui, on se noyait beaucoup autrefois… En anjou également, malheureusement… Et d’ailleurs, je me demande si ma peur de l’eau ne remonte pas aux histoires terribles que l’on me racontait, petite, au sujet de la Loire…

  2. Que de noyades….!
    Du coup nous allons être vigilants dans nos prochaines lectures pour dénicher les noyades et autres passages insolites.
    Heureusement que certains curés sont assez loquaces pour nous aider à comprendre de quoi pouvaient bien mourir nos lointains aïeux.
    Merci pour la mention ☺

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