Attentat à la bombe à Nice en 1889 : un mort (fin)

Dans un troisième article paru le 14 septembre 1889 Le Petit Niçois exploite la veine déjà ouverte, mais, on va le voir, son auteur a beaucoup de mal à trouver de nouveaux éléments.

L'attentat de la rue Rossini 3

« Nouveaux détails
Le secret le plus impénétrable est gardé sur cette affaire. Mais, si l’on ne sait rien de certain, on jase cependant beaucoup.
Les voisins font courir les bruits les plus divers et les plus singuliers sur cet attentat.
Plus de vingt légendes circulent déjà. Nous enregistrons ces histoires â titre de renseignements.
D’après les uns, la bombe était destinée à un voisin qui avait l’habitude de passer par cette ruelle vers 10 heures du soir.
Les autres affirment que l’engin a été placé par un mari jaloux pour tuer les galants de sa femme.
D’autres prétendent que la machine infernale avait été disposée par l’amant d’une femme pour tuer son époux.
D’autres encore racontent que l’engin a été placé, probablement par des enfants qui n’ont pas osé le faire éclater.
Quelques unes de ces pistes semblent néanmoins être sérieuses et l’on pourrait bien tenir le fil de cette affaire aussi mystérieuse qu’abominable.
M. le Procureur de la République et M. le juge d’instruction continuent activement l’instruction.
Aussitôt les rapports des experts déposés et lorsqu’on saura quel était l’explosif contenu dans l’engin, l’instruction entrera dans une nouvelle phase, qui lui apportera probablement de nouveaux renseignements.
Dans toute la ville, l’émotion soulevée par ce crime a été très grande.
Durant les journées d’hier et d’avant-hier, des centaines de personnes se sont rendues sur les lieux du drame pour voir les traces de sang qui souillent encore le mur de la propriété Baquis.

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Le jeune Riquier supporte avec beaucoup de courage le traitement qui lui est appliqué.
Son état est grave, étant donnée la nature des blessures. On peut craindre d’un moment à l’autre le tétanos ou la gangrène. Mais sauf ces complications, les médecins espèrent le sauver. Dans ce cas, malgré l’amputation partielle du pied, le jeune blessé ne boiterait même pas. »

Je n’ai pas trouvé d’autres traces de l’affaire dans la presse locale ; il faut croire que l’auteur de l’attentat n’a pas été identifié. Le journaliste a beau faire croire que c’est volontairement que les enquêteurs maintiennent le secret sur l’affaire, tout ce qu’on peut constater est que lui-même en est réduit à rapporter les ragots du voisinage. Plus d’un siècle après, les medias actuels connaissent bien la méthode…

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