Covoiturage en 1787

Le Journal de la généralité de Montpellier, hebdomadaire qui paraît à la fin du XVIIIe siècle, publie régulièrement des petites annonces qui sont des propositions de covoiturage sous le titre « Demandes particulières ». Nous en avons sélectionné trois.

2 Journal de la généralité de Montpellier samedi 23 juin 1787

Samedi 26 mai 1787 : « On désirerait trouver un Compagnon de voyage pour aller à Paris en Poste, ou seulement à Lyon, à frais commun, ou s’il y aurait une chaise de poste à y ramener, bien en état de faire la route. S’adresser à notre Bureau d’avis. »

Samedi 23 juin 1787 : « Une personne qui se propose de partir de Montpellier pour Lyon en poste, du 29 au 30 de ce mois, dans un Cabriolet à deux places, désirerait de trouver un compagnon de voyage, qui voulût payer la moitié des frais de la poste. Ils pourront s’adresser à Madame la Marquise de Frégeville, dans la maison de M. Périé, hors la poste de Lattes. »

Samedi 2 septembre 1787 : « L’épouse de M. le Contrôleur de l’Hôpital Militaire de Montpellier, désirerait trouver une place dans une voiture pour aller à Paris, ou jusqu’à Lyon. S’adresser à M. de Dunand aux Casernes de la Cavalerie. »

Il faut croire que la dame a eu du mal à satisfaire son souhait, car elle répète son annonce en termes identiques le 15 septembre.

Les motifs du covoiturage sont certainement les mêmes qu’aujourd’hui : partager les frais et avoir de la compagnie pour rendre la route moins longue. Cette deuxième raison doit être encore plus importante à une époque où il faut une dizaine de jours pour aller de Montpellier à Paris, dans des conditions d’inconfort difficiles à imaginer : il n’est d’ailleurs pas étonnant qu’on projette les voyages ci-dessus à la belle saison, puisque les voitures ne sont pas chauffées. En plus on n’y est guère à l’aise vu leur étroitesse, à un point tel que Sébastien Mercier note dans son Tableau de Paris : « Si malheureusement il se présente un voyageur avec un gros ventre ou de larges épaules, tout le monde est supplicié. »

Chaise de poste, gravure de L. Vallet,modèle dit "à cul de singe".

Chaise de poste, gravure de L. Vallet,
modèle dit « à cul de singe ».

Une réponse à “Covoiturage en 1787

  1. Comme quoi rien de bien neuf sous le soleil de notre siècle !
    Bonne pioche pour la gravure

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