Condamnée au bagne pour six lapins et un oiseau

Au XIXe siècle on condamne au bagne pour un oui ou pour non, par exemple pour la récidive du délit de vagabondage. L’Éclair, Journal quotidien du Midi, dont le siège est à Montpellier, raconte dans son numéro du 26-27 décembre 1895, une affaire qui prêterait à sourire si elle ne finissait pas de façon tragique :

Titre L'Éclair 26-27 décembre 1895
« Femme reléguée. — La relégation des femmes est chose assez rare. Cependant, de temps à autre, quelqu’une est condamnée à aller finir ses jours en Nouvelle-Calédonie.
Tel est le cas de la nommée Elisabeth-Mélanie Villèle, âgée de 45 ans, qui a déjà subi le chiffre peu respectable de dix condamnations, la plupart pour vol, et dont trois à plus de 3 mois et un jour d’emprisonnement.
Cette femme vivait de rapines et surtout de larcins commis dans les basses-cours.
Le canton de Bédarieux a été particulièrement éprouvé par cette maraudeuse, qui opérait indifféremment sur les lapins, les poules ou les canards.
Elle a comparu à la dernière audience correctionnelle pour un vol de 6 lapins au préjudice du chef de gare d’Hérépian et pour un autre vol d’une cage renfermant un oiseau, à la gare de Nissergues.
Le tribunal condamne cette récidiviste endurcie à 4 mois de prison et prononce la peine complémentaire de la relégation. »

Sur plus de 11 000 condamnés déportés en Nouvelle-Calédonie, qu’on faisait travailler sur d’immenses terres prises aux autochtones, un peu moins de 500 étaient des femmes.

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