Accident de la malle-poste au Col de Tende en 1853

L’Avenir de Nice du 29 juin 1853 rend compte d’un accident qui n’est pas sans rappeler les accidents d’autocar si fréquents de nos jours. Mais la portée de cet événement dépasse largement la question des transports en commun :

La malle-poste qui reliait Nice à Coni dans les années 1860.

La malle-poste qui reliait Nice à Coni via le Col de Tende dans les années 1860.

« Chronique locale.
Dimanche dernier, vers huit heures du matin, la malle-poste de Turin a versé sur le côté septentrional du Col de Tende un peu au-dessous de la galerie commencée de la Panis. La voiture est tombée d’une hauteur de plusieurs mètres dans un champ de blé. Une dame, deux voyageurs et le conducteur ont été assez grièvement blessés. La lourdeur des voitures employées pour ce trajet est peut-être la cause que les mules n’ont pu la retenir dans cette chute. Ces voitures qui ont été construites pour parcourir les routes faciles et planes du Piémont, ne sont guère convenables dans nos montagnes escarpées et parviennent difficilement à tourner les lacets innombrables formés par la route royale de Nice à Coni dans les trois chaînes de montagnes qui séparent notre pays des plaines du Piémont. »

La malle-poste venait de Turin, c’est-à-dire de la capitale du royaume de Piémont-Sardaigne auquel appartient Nice en 1853. Or, comme le rappelle le journaliste, on doit franchir les Alpes pour relier les deux villes, distantes de 220 km environ, en empruntant des routes de montagne qui ne sont pas faciles : le col de Tende, qui se trouve presque à la limite entre Piémont et comté de Nice, aujourd’hui frontière franco-italienne, est à 1871 m d’altitude.
Cette difficulté des liaisons est, d’après les historiens, une des raisons qui, en 1860, pousseront les Niçois à voter pour leur rattachement à la France. Depuis 1792 en effet, il existe un pont sur le Var et on peut très facilement se rendre dans ce pays qui donne une image de prospérité, alors que le Piémont est relativement pauvre – beaucoup de Piémontais émigrent d’ailleurs à Nice au XIXe siècle.
Il n’est pas étonnant que L’Avenir de Nice, organe francophile, mette en évidence un accident qui, aussi grave soit-il, n’a pas causé le moindre mort.

L'itinéraire de Turin à Nice.

L’itinéraire de Turin à Nice.

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