Il tue son beau-père à coups de massue, Nîmes 1772

Les Annonces, Affiches et Avis divers de Montpellier du 10 février 1772 rapportent un meurtre familial qui a eu pour théâtre la région de Nîmes, à quatorze lieues de là :
Titre
« Nouvelles intéressantes.
L’aventure suivante, arrivée aux environs de Nîmes, fait frémir l’humanité, et prouve que la cupidité est capable des excès les plus horribles : voici le fait.
Un père en mariant sa fille lui avait donné la moitié de ses biens, et l’autre moitié à la fin de ses jours. Le gendre impatient de posséder des richesses que la santé du beau-père ne lui faisait envisager que de loin, conçut le plus odieux des forfaits. Pour mieux cacher sa trahison, il emprunte les dehors de l’amitié : il invite à souper ce vieillard respectable, et tandis qu’il goûte le doux plaisir d’être à table avec ses chers enfants, le gendre prend une espèce de massue et le frappe d’un si rude coup qu’il le couche par terre sans connaissance.
À l’instant la fille se joint au mari, ils arrachent tous deux à ce malheureux père le dernier souffle qui lui reste. Bientôt après le gendre  va trouver un ami de confiance, dans le sein duquel il dépose le secret de l’action infâme qui vient de commettre, et le prie instamment de le débarrasser du cadavre sanglant qui est dans la maison. Celui-ci trop bon et trop facile, enlève pendant la nuit ce corps inanimé, va le jeter dans la première rivière qui s’offre à sa vue et revient sur ses pas.
Le lendemain un pêcheur aperçoit le cadavre qui était retenu par des joncs entrelacés, il se hâte d’en informer la justice du lieu le plus voisin : elle ne tarde pas à remplir les formalités prescrites en pareil cas, et le cadavre est reconnu par un cavalier de la maréchaussée qui voyageait, et qui se rend à la maison du gendre pour lui apprendre qu’on a assassiné son beau-père. Le coupable, agité par la crainte et bourrelé par mille remords, pâlit aussitôt, hésite et dévoile malgré lui son crime, lors même qu’il fait le plus d’efforts pour le cacher. Le cavalier sort et sur le récit qu’il fait de ce qu’il a vu et ouï, la fille, le gendre et son ami sont conduits le même jour dans les prisons. »

À Nîmes, dessin d'Isidore-Laurent Deroy, XIXe siècle

À Nîmes, dessin d’Isidore-Laurent Deroy, XIXe siècle

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *