#ChallengeAZ 2016 A comme Marguerite Alemande

Trois actes paroissiaux, c’est tout ce qui reste d’une vie humaine après bientôt quatre siècles : quelques mots qui, dans leur concision, ne donnent qu’une idée très réduite de ce qu’a pu être une existence, en l’occurrence celle de mon Sosa 2081, Marguerite Alemande :

L'acte de baptême de Marguerite Alemand, paroisse Notre-Dame des Tables de Motpellier en 1617.

L’acte de baptême de Marguerite Alemand,
1617, paroisse Notre-Dame des Tables de Montpellier.

L'acte de mariage de Marguerite Alemand et Jacques Tinel, 1633, Nogtre-Dame des Tables.

L’acte de mariage de Marguerite Alemand et Jacques Tinel,
1633, Notre-Dame des Tables.

L'acte de sépulture de Marguerite Alemand, paroisse Saint-Firmin de Montpellier, 1648.

L’acte de sépulture de Marguerite Alemand,
1648, paroisse Saint-Firmin de Montpellier.

Que dire d’elle ? D’abord le vertige chronologique qui saisit devant le lien de parenté qui m’unit à elle ; bien que très éloignée dans le temps, cette parenté est encore exprimable : Marguerite Alemand est la grand-mère de l’arrière-grand-père de l’arrière-grand-mère de mon arrière-grand-père. C’est tout simple.
Il faut bien sûr évoquer son patronyme : tantôt Alemand ou Alamand, avec ou sans d à la fin, tantôt mis au féminin – c’était l’usage en Languedoc comme dans beaucoup de provinces – Alemande ou Alemane. Il évoque bien sûr une origine : son père, Georges Alemand, a été baptisé en 1591 à Montpellier ; mais du père de celui-ci, Bernard Alemand, on ne sait rien. Était-ce un reître, un de ces soldats venus d’Allemagne prêter main-forte aux deux partis adverses pendant les guerres de Religion ?
Quand  Marguerite voit le jour, le 18 février 1617 à Montpellier, sa mère n’a pas encore dix-huit ans. Cette mère, quant à elle, a un nom tout à fait languedocien : elle s’appelle Jeanne Pagès. On baptise la petite fille le lendemain à Notre-Dame des Tables et, suivant la coutume, elle reçoit le prénom de sa marraine, une certaine Marguerite Blanc.
Elle a cinq ans en juillet 1622 quand l’armée de Louis XIII vient mettre le siège devant Montpellier, qui est une place-forte protestante. Marguerite elle-même est catholique, mais pendant deux mois elle va subir comme tous les Montpelliérains le bombardement de sa ville par les canons de l’armée royale. Il faudra d’ailleurs qu’un de ces jours je fasse l’inventaire de tous mes ancêtres qui ont été assiégés par les rois de France dans différentes provinces.
En 1625, 1629, 1630, pendant que Marguerite grandit, la peste fait des apparitions à Montpellier. Dans quelle mesure ces différentes tragédies ont-elles pu marquer son enfance, on ne le saura jamais.
Le 15 janvier 1633 Marguerite, qui n’a pas tout à fait seize ans, se marie : elle épouse un certain Jacques Tinel, qui est poissonnier ; le père de celui-ci aussi était poissonnier ; Pierre, le fils qu’ils auront en 1636, sera également poissonnier. C’est de lui que je descends, mais je ne suis pas poissonnier. Quant à Marguerite, il est bien possible qu’elle ait assisté son mari et vendu du poisson à ses côtés…
Le petit-fils de Marguerite Alemand et Jacques Tinel, prénommé lui aussi Jacques, ira s’installer à Sète, qui a été fondée en 1666. Deux autres enfants, Jacques Antoine et Jean François naîtront encore du couple.
Marguerite Alemand est morte le 15 août 1648 ; elle avait trente-et-un ans.

Ielosubmarine

10 réponses à “#ChallengeAZ 2016 A comme Marguerite Alemande

  1. En voyant le patronyme, je me suis posé la même question sur une éventuelle origine germanique. Bon challenge Jean-Michel.

    • Également dans l’Hérault , j’ai d’autres ancêtres qui s’appelaient Heulz, des protestants que je soupçonne aussi de descendre des reîtres.

  2. Dans la région de ma généalogie paternelle, il y a des Tedesco ou Todesco, dont l’étymologie du nom fait elle aussi référence à l’Allemagne. Mais parfois, c’était juste des personnes qui venaient d’un peu plus au nord (Tyrol).

  3. Maintenant je comprends votre predilection pour rechercher les articles interessants de la presse ancienne que vous nous proposez si souvent!!! Vous aimez le papier journal… comme les poissonniers sur les marches (je fais reference surtout a ceux de Naples chez lesquels je m’approvisionnais pendant les 4 annees que j’ai vecu dans cette ville fantastique). J’espere ne pas vous avoir fache… mais franchement je n’ai pu resister a la tentation. Bonne continuation du Challenge AZ. Annick H.

  4. Marguerite prend vie sous nos yeux !
    Merci pour cet article et bon Challenge !

  5. Je fais toujours de belles lectures historiques et généalogiques avec votre qualité d’écriture. Merci, Jean-Michel. Bon Challenge !

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