#ChallengeAZ 2016 Q comme Marie Quatrefages

Le Q est rare ! Heureusement une de mes aïeules a eu la bonne idée de s’appeler Quatrefages, un nom assez répandu dans l’Hérault. Quant à son prénom, Marie, on ne peut pas dire non plus qu’il ait brillé par l’originalité. C’est donc son patronyme qui lui vaut un article.
Marie Quatrefages est mon Sosa 157. Elle appartient à ces générations qu’on voit émerger du brouillard généalogique, car mon père a connu l’arrière petite-fille de Marie, qui était sa propre arrière grand-mère.
Elle est née le 9 mars 1767, à Saint-André-de-Sangonis, dans le nord de ce qui deviendra l’Hérault. Cette agglomération comptait 208 « feux » au milieu du XVIIIe siècle, soit un peu plus de 800 habitants.
Mais, contrairement à l’usage habituel où on baptisait les nouveaux-nés le jour même de leur naissance ou le lendemain, Marie n’a été batisée que le surlendemain, 11 mars. Quant à son patronyme, Quatrefages, il a une étymologie évidente, puisque fagus est en latin le nom du hêtre. Faut-il en conclure, comme je l’ai lu, que c’est une référence à un domaine caractérisé par quatre hêtres ? Un peu rapide comme déduction.
Son père est André Quatrefages et sa mère Catherine Heulz. La consonnance allemande de ce nom m’inciterait à voir dans les Heulz des descendants de reîtres du XVIe siècle. Ils ont été nombreux dans ce coin de l’Hérault à l’époque des guerres de religion.
Marie Quatrefages se marie à vingt-deux ans, le 24 février 1789, avec un certains François Esprit, de deux ans son aîné. Il est « brassier » : ce terme, fréquent dans les registres du Languedoc, désigne l’ouvrier agricole, celui qui gagne sa vie avec ses bras. L’acte de mariage apporte au moins un renseignement sur Marie : elle ne sait pas écrire et ne peut pas signer, alors que son mari appose son nom dans le registre.
La même année le couple a un fils, Joseph Esprit, dont je descends, et j’ai évoqué la fille de celui-ci, Catherine, avec le Challenge AZ 2015, « E comme Esprit ». Viendra ensuite une fille, Marianne.
En 1803 le malheur frappe cette famille : François Esprit meurt ; il n’a que trente-huit ans et Marie, qui en a trente-six, se retrouve veuve. Elle se remarie en 1809 avec un certain Jean Secondy, qui est natif de Vissec dans le Gard, qui est à une quarantaine de kilomètres.
Mais elle va perdre aussi ce second mari. Quand ? Je n’ai pas trouvé trace de son décès à Saint-André-de-Sangonis. Est-il mort dans le Gard ? Comme les registres de ce département ne sont pas sur internet, il est difficile de le vérifier.
Quand à Marie Quatrefages, elle meurt à Saint-André le 5 août 1851, âgée de 84 ans. Elle est décédée dans sa maison, sise dans une rue au nom poétique, la rue des Égouts.
Née sous Louis XV, morte sous la présidence de Louis-Napoléon Bonaparte, elle aura vécu sous quantité de régimes. Mais les énormes bouleversements dont elle fut contemporaine ont-ils eu une quelconque influence sur son existence dans ce village au fond du Languedoc ?

Paul Soulié (1807-1862) Portrait de paysanne languedocienne.

Paul Soulié (1807-1862) Portrait de paysanne languedocienne.

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