#ChallengeAZ 2016 T comme Thon

Parmi ses ancêtres, on peut rencontrer des morues, voire des maquereaux. Il est plus rare de trouver des Thon. C’est pourtant le patronyme de quelques-uns de mes ascendants alsaciens dans les villages du Ban de la Roche, aujourd’hui dans le Bas-Rhin, au début du XVIIe siècle.

Ainsi d’un certain Hans Humbert Thon, qui exerce les fonctions de « justicier » à Waldersbach, aujourd’hui dans le Bas-Rhin ; on dirait « bailli » ou « viguier » dans d’autres provinces. En fait Thon est le diminutif du prénom Anthon devenu nom de famille. Il meurt, apparemment encore jeune, mais on ignore les dates de son existence.
Par contre on sait qu’il laisse une veuve, Madeleine ou Magdalena car cette petite région du centre de l’Alsace est bilingue, franco-allemande. Elle est mon Sosa 3823 et appartient à la douzième génération de mes ancêtres. On ignore son nom de jeune fille. Le couple a eu deux filles, Jeanne et Marie dont je descends.
Mais la chasse aux sorcières est intense au Ban de la Roche en ces années 1620. Un tribunal composé de deux juristes venus de Strasbourg et de deux pasteurs se charge de faire arrêter les suspects et de les condamner. Or En 1622 Madeleine est accusée d’avoir eu commerce avec les démons du vivant de son époux et même d’avoir eu un de ces démons comme amant. On a conservé ses aveux :

« Le Diable lui donna quelques pièces de six gros, après qu’elle fut toute déconfortée d’avoir été battue par son mari. Mais, de ces pièces, il n’y en avait qu’une seule de bonne. A la seconde apparition, elle le reprocha au Diable, et lui dit qu’elle ne tiendrait pas promesse à un trompeur. Le Diable lui répondit qu’il a coutume de payer les gens de telle monnaie, et qu’il fallait bien qu’elle tînt sa promesse.
Le Diable avait une tête noire, large comme un fossoir, et toute pleine de poils, il avait des mains comme des pattes d’ours avec de longues griffes, et des pieds fendus comme un bœuf. Le Diable la marqua avec ses griffes, et elle devint boiteuse presque un demi-an ; elle fut rétablie par quelques cérémonies que Percin (le Diable) fit avec sa main sinistre.
Elle eut un amoureux diable nommé Gruson. Percin joignit leurs mains sinistres et lui fit renier la foi qu’elle avait donnée à son mari ; et fut mariée au nom du Diable.
La chair qu’elle mangea fut cuite dans des pots d’écorce de bois, à un feu bleu, qui brûlait hors de terre et sans bois, à un sabbat tenu au lieu du supplice, ils ont bu une boisson qu’ils firent quérir à Saint- Nabor, dans des tonneaux noirs, bleus et autres couleurs, mis sur un chariot, traîné par des chats en l’air »

Saint-Nabor est un village à une trentaine de kilomètres, de l’autre côté du Mont Sainte-Odile, où j’ai d’autres ascendants. Il y a des vignes autour de Saint-Nabor : la boisson du sabbat aurait-elle été tout simplement du vin ?
Madeleine a été reconnue comme sorcière et brûlée vive. Elle a subi le même et horrible sort qu’un autre de mes ancêtres, Nicolas Claude, évoqué dans l’article « S comme Sorcier ». Une question se pose : Nicolas Millan, qui était un des bourreaux, a-t-il participé à ces exécutions ? Il est mon Sosa 3826, lui aussi mon aïeul à la douzième génération.

Merci Marmiton !

Merci Marmiton !

2 réponses à “#ChallengeAZ 2016 T comme Thon

  1. Bonjour,
    Chez moi, j’ai une branche CABILLAUX dans le Pas de Calais.

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