#ChallengeAZ 2016 V comme Vincenz Stauffer

Pour cette lettre V, l’article sera encore fondé sur un prénom, celui de mon Sosa 924, mon septième arrière-grand-père, à savoir Vincenz Stauffer.
Est-il utile de dire que ses parents sont un couple de paysans suisses qui ont une trentaine d’années à sa naissance ? Il est né en effet le 22 juin 1661 à Steffisburg, dans le canton de Berne, On l’a baptisé le lendemain et on lui a donné le prénom de son grand-père paternel né en 1574. C’est le baptême protestant qu’il a reçu, mais en fait Vincenz Stauffer a vu le jour dans une des plus fortes communautés anabaptistes, celle de Steffisburg.

carte Steffisburg
C’est également à Steffisburg qu’il se marie le 17 janvier 1705 avec une jeune fille qui vient de Mühlethal, dans le canton d’Argovie ; elle a dix-neuf ans et se nomme Barbara Will.
Mais les anabaptistes ont de plus en plus de difficultés avec la noblesse locale et avec le pouvoir tant religieux que civil : ce ne sont pas des questions théologiques, ni celle du baptême, en dépit de leur nom, qui les mettent en porte -à-faux dans la société où ils vivent ; c’est plutôt leur rejet de toute autorité qui les entraîne à se rebiffer contre le clergé luthérien et à refuser de payer des impôts ; de plus ce sont des non-violents qui refusent de porter les armes. Ils refusent aussi de prêter serment dans les procès.
Il s’ensuit que ces anabaptistes sont tellement mal à l’aise dans la société suisse que beaucoup choisissent l’exil. C’est en Alsace que la plupart d’entre eux vont s’établir : depuis la peste et la Guerre de Trente ans, cette région a un déficit démographique. De plus Louis XIV a laissé à la province une liberté de culte que Voltaire admirera encore dans les années 1750.
Quand Vincenz Stauffer et son épouse Barbara décident-ils d’émigrer en France ? On peut supposer que c’est au début des années 1710 : certaines dates viennent appuyer cette hypothèse : ainsi l’aîné des enfants du couple , Joseph, dont je descends est né en 1708 à Steffisburg, alors que sa sœur Maria Elisabeth est venue au monde vers 1715 à Natzwiller en Alsace, au nord-ouest du Mont Sainte-Odile, village où j’ai d’autres ancêtres. Mais c’est au sud-est de cette montagne et de son sanctuaire que Vincenz Stauffer va s’installer définitivement, car il trouve en effet une place de métayer sur les terres qui dépendent du château de Lutzelbourg, à côté du village d’Ottrott. Il reçoit d’ailleurs un surnom : « der Schweizer », le Suisse.
En effet on apprécie beaucoup les anabaptistes dans ces fonctions de fermiers : ils sont très compétents en matière d’agriculture et surtout d’élevage. De plus on aime leur honnêteté et aussi l’eau-de-vie qu’ils distillent. De leur côté les anabaptistes se plaisent dans ces fermes isolées, qu’on nomme des « censes », où ils peuvent vivre entre eux et pratiquer leur religion, car ils n’ont ni temples ni églises.
Vincenz Stauffer est mort à Ottrott âgé de quatre-vingt-un ans, le 28 juillet 1742. On l’a inhumé le surlendemain au village voisin de Heiligenstein. Quant à sa veuve, elle lui a survécu pendant trois ans.

Lutzelbourg et Rathsamhausen,dessin de Nicolas Karthlithographié par Godefroy Engelmann, Strasbourg 1830BNU Strasbourg

Lutzelbourg et Rathsamhausen,dessin de Nicolas Karth
lithographié par Godefroy Engelmann, Strasbourg 1830
BNU Strasbourg

Chateau de Lutzelbourg et de Rathzamhausen Près de Klingenthal

Chateau de Lutzelbourg et de Rathzamhausen (Près de Klingenthal)
dessin de François-Jules Collignon, lithographié par Émile Blanchard, Paris 1837.
L’unique personnage au premier plan porte le costume des anabaptistes.
BNU Strasbourg

Le double château de Lutzelbourg et Rathsamhausen, carte postale de 1910 BNU Strasbourg

Le double château de Lutzelbourg et Rathsamhausen,
carte postale de 1910
BNU Strasbourg

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