#ChallengeAZ 2016 L comme Loups

On est en 1906. Une ferme en Franche-Comté. Elle appartient au hameau de La Derrière, qui est à deux kilomètres de Pont-de-Roide, dans le Doubs. Quelques prés d’un côté. Un grand potager. La forêt est très proche…
Près de la ferme, un grand garçon de treize ans. Il a des cheveux châtain clair et des yeux bleus. C’est Georges. Il vaque à de menues occupations, car il aime rendre service à ses parents.
Il est seul : sa mère, qui se prénomme Marie, est à l’intérieur avec sa petite sœur Germaine, qui a neuf ans et son frère, le petit Albert, qui n’a que trois ans.
Quant à son père, Jules Gentil, il est encore au travail chez Peugeot à Pont-de-Roide, au bord du Doubs, chez qui on fabrique toute sorte d’outils et d’ustensiles qui vont de la scie au fer à repasser, mais surtout d’innombrables moulins à café. Dans la même usine travaillent sa sœur aînée Jeanne, qui a vingt-et-un ans, et son grand frère Louis âgé de seize ans.
Tout d’un coup Georges aperçoit quelques loups qui sont sortis de la forêt. Ils marchent vers lui et commencent à retrousser leurs babines pour montrer leurs dents.
Si Georges court vers la ferme pour s’y réfugier, les loups vont lui couper le chemin. Heureusement il trouve un refuge à proximité : c’est cette modeste cabane en bois au fond du jardin qui n’a qu’une seule place et se trouve réservée à certains usages, la construction que, dans l’Alsace voisine, on appelle le Schiesshus.
Georges s’y enferme et attend donc le retour de son père et de ses aînés ; les journées sont longues en 1906 ! Quand ils reviennent, ils chassent les loups à coups de bêche et de pierres.
Chaque fois qu’on parle de la réintroduction du loup dans nos campagnes, je repense à cette histoire, car Georges était mon grand-père maternel. Quant à son grand frère Louis, il a déjà été évoqué dans un autre article, « Louis Gentil, mort sans sépulture ».

La famille Gentil dans le recensement de 1906.

La famille Gentil dans le recensement de 1906.

3 réponses à “#ChallengeAZ 2016 L comme Loups

  1. Quelle histoire! Il a dû attendre le soir avec impatience…

  2. C’est impressionnant cette histoire de loups. Elle date d’une époque où elle a pu être transmise par la mémoire familiale. Il fallait vraiment l’écrire !

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