#ChallengeAZ 2016 O comme Ottilia Schell

Jacques Brel chantait « Quand on n’a que l’amour » ; le généalogiste a souvent l’occasion de changer les paroles et d’entonner « Quand on n’a que les dates » au moment où il essaye de reconstituer l’existence d’un de ses ancêtres. C’est mon cas avec Ottilia Schell.
Elle est mon Sosa 7291, on aura donc compris qu’elle est l’arrière grand-mère de l’arrière grand-mère de ma grand-mère maternelle, Bertha Gemehl, dont on peut voir la photo avec l’article « Ma lignée cognatique ».
Elle est née le 19 novembre 1559 à Strasbourg. et on la baptise à la paroisse protestante du Temple-Neuf. Je ne propose pas d’image de celui-ci car il a été détruit pendant le siège de Strasbourg en 1870. Ottilia est en effet protestante, comme le sont tous mes aïeux alsaciens et allemands, jusqu’à ma grand-mère comprise, excepté quelques immigrés suisses qui étaient anabaptistes. À cette époque Strasbourg est une des capitales de la réforme ; elle est devenue officiellement protestante en 1532, année où elle a adhéré à la Confession d’Augsbourg..
On a donné à Ottilia le prénom de Sainte Odile, qui est la patronne de l’Alsace : les luthériens ont beau avoir aboli le culte des saints, ils ont quand même besoin de nommer leurs enfants.
Le 25 février 1578 elle se marie avec Jacob von Triembach ; elle a dix-huit ans et trois mois. Jacob est l’équivalent allemand de Jacques. Quant au von, ce n’est pas ici une particule nobiliaire, car Jacob exerce la modeste profession de jardinier. Le mot indique plutôt une origine ; en effet Triembach est le nom d’un village de l’Alsace centrale qui s’est illustré pour avoir été un des points de départ de la Guerre des Paysans en 1525.
Quand au métier de jardinier, il ne faut pas imaginer Jacob en train de tailler des massifs dans un parc ; c’est vraisemblablement un maraîcher : encore aujourd’hui en Alsace le mot « jardin » désigne ce qu’ailleurs on appelle un potager. On peut donc sans trop s’aventurer imaginer Ottilia vendant les produits de son mari au marché. Elle ressemblait peut-être à la marchande représentée sur l’estampe ci-dessous :

Une estampe de 1606 avec deux inscriptions, l'une en haut en latin : "Jardinière strasbourgeoise assise au marché." L'autre en bas en allemand : "Une jardinière est assise à Strasbourg. Elle est en costume de ce temps. Au marché quand elle vend bien Lait, chou, navets et radis."

Une estampe de 1606 avec deux inscriptions, l’une en haut en latin :
« Jardinière strasbourgeoise
assise au marché. »

L’autre en bas en allemand :
« Une jardinière est assise à Strasbourg.
Elle est en costume de ce temps.
Au marché quand elle vend bien
Lait, chou, navets et radis. »

De 1579 à 1594, Ottilia a eu onze enfants, dont mon ancêtre Maria qui est née en 1589. Elle a survécu aux épidémies de peste qui ravagent Strasbourg en 1582 et 1586, mais, probablement épuisée par toutes ces maternités, elle est morte en 1595. Elle a été inhumée à la paroisse protestante de Saint-Pierre-le-Jeune.

L'église protestante Saint-Pierre le Jeune à Strasbourg en 1894 - BNU Strasbourg

L’église protestante Saint-Pierre le Jeune à Strasbourg en 1894
BNU Strasbourg

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