Les thermes romains de Badenweiler

Badenweiler est une petite ville thermale du Markgräflerland dans le Pays de Bade, située sur les premiers contreforts du massif de la Forêt-Noire. Elle s’honore de deux faits : d’être la ville qui compte le plus de jours d’ensoleillement en Allemagne et d’avoir vu mourir Anton Tchekhov, l’écrivain russe à qui est consacré un petit musée. Elle possède aussi des ruines antiques : c’est en 1784 que le marquis Karl Friedrich von Baden exhume les vestiges des thermes romains ; ceux-ci ont été insérés dans les années 1990 à l’intérieur d’une structure qui les protège des intempéries. Ces thermes ont été construits vers 75 après J.-C. sur l’emplacement d’une source d’eau chaude qui alimente toujours établissement thermal actuel, les « Cassiopea Thermen », à quelques mètres des ruines romaines.
L’existence de ces thermes romains témoigne de celle d’une petite ville dont on ignore le nom ancien ; mais le toponyme Badenweiler en rappelle l’origine, Baden évoquant le bain et –weiler, qui provient du latin villa, désignant les villages constitués à partir d’une exploitation agricole romaine (ce –weiler devient –willer en Alsace).
La présence romaine y a duré jusque vers 260, époque où les Alamans contraignent les Romains à se retirer sur la rive gauche du Rhin. On sait d’autre part, grâce à un acte du roi Dagobert III qui les offrit au couvent de Wissembourg, que les thermes eux-mêmes ont été utilisés au moins jusqu’au VIIIe siècle. Ils ont dû rester longtemps opérationnels et, si leurs murs ont disparu, c’est qu’au XVIIIe siècle on s’est servi de leurs pierres pour construire le château de Bürgeln à une dizaine de kilomètres de là.
L’ensemble des bâtiments occupe une centaine de mètres de longueur et leur plan est organisé en deux parties strictement identiques autour d’un axe de symétrie, preuve que, les thermes n’étant pas mixtes, une de ces parties était réservée aux hommes et l’autre aux femmes ; preuve aussi que la ville avait une certaine importance, car les thermes des localités plus modestes n’avaient qu’une seule série de bassins et d’installations, certains jours étant réservés au public masculin ou féminin.
Le trop-plein d’eau et les eaux usées coulaient en ruisseau le long de la colline où se trouvent les thermes et servaient à alimenter différents ateliers dont on trouvé quelques traces.
Les ruines de Badenweiler permettent de comprendre le fonctionnement des thermes romains, car l’infrastructure des différentes parties est très visible et on a l’impression de suivre le parcours d’un baigneur : vestiarium, sudatorium (étuve), caldarium (bain chaud), frigidarium (bain froid). Comme il n’y a pas de savon, on se racle avec une lame recourbée nommée strigile.

Thermes Badenweiler 01

Les vestiges des thermes, sous leur abri dans le parc. En haut à droite de la photo, derrière les arbres, on aperçoit les ruines du château féodal de Badenweiler, que les Français ont détruit en 1678.

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L’intérieur du site, que le visiteur parcourt sur une passerelle.

Thermes Badenweiler 03

Une vieille photo aérienne qui date d’avant que l’abri protégeant les termes soit construit : comme sur le plan qui suit, on voit bien la symétrie des des deux moitiés.

Thermes Badenweiler 04

Ce plan est sur un panneau à l’entrée des thermes. On peut y constater la symétrie de leurs deux parties :
1-4 Vestiaires 5-8 Bassins d’eau thermale
9-10 Bassins d’eau froide 11-12 Étuves
13 Chauffage des étuves 14 Local de service
15-16 Chauffage 17-18 Terrasses de repos 19-20 Salons

Thermes Badenweiler 05

Une maquette qui reconstitue l’aspect des thermes.

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Un des souterrains qui parcourent le dessous des thermes et servaient à l’évacuation des eaux ainsi qu’au drainage.

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Un strigile, lame de métal recourbée pour se racler l’épiderme, car on ne connaissait pas le savon.

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Semelle en bois d’une sandale qui permettait de marcher sur le sol brûlant, car il était chauffé en dessous par l’hypocauste. On voit encore des trous où devaient passer des lacets.

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Un mélangeur d’eau chaude et froide, apparemment en cuivre jaune.

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Un autel trouvé pendant les fouilles de 1784 sur une des terrasses de repos. Il est dédié à Diana Abnoba, divinité tutélaire de la Forêt-Noire, et porte l’inscription :
« Dianae Abnobae M. Sennus Fronto solvit libens ex voto. »
Marcus Sennus Fronto s’acquitte volontiers du vœu qu’il a fait à Diana Abnoba.

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Le château de Bürgeln, construit au XVIIIe siècle entre Badenweiler et Kandern avec les pierres des thermes.

Carte

2 réponses à “Les thermes romains de Badenweiler

  1. Merci de nous offrir la visite virtuelle de ces lieux chargés d’histoire.

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