Le chien retrouvé

Le titre de cet article parodie évidemment celui d’un roman de Marcel Proust. Mais je n’ai pas l’intention d’écrire À la recherche du chien perdu, puisque je l’ai trouvé sans le chercher.
De quel chien s’agit-il ? On est au tout début de la IVe République et mes parents viennent d’adopter un chien. Or ils ont déjà un petit garçon – c’est moi – âgé de deux ou trois ans et la cohabitation va se révéler non seulement difficile mais même dangereuse : non pas pour l’enfant, mais pour l’animal…
En effet le malheureux chien est victime de divers sévices qu’on peut imaginer : arrachage de poils, tirage de queue, coups et horions variés, vol de gamelle. La conclusion s’impose : il faut les séparer et, comme on ne peut pas abandonner l’enfant, on va se démettre du chien, qui s’appelle Dick.
Un hasard en apparence heureux fait que des personnes habitant la campagne adoptent ce pauvre Dick. Mais le chien, élevé en appartement et ne connaissant guère que les promenades en laisse sur les trottoirs de Marseille, va payer cher sa liberté nouvelle : un jour il aperçoit une chienne de l’autre côté de la route, traverse et se fait écraser par une voiture ; il y en avait déjà quelques-unes vers 1950.
De tout cela, je n’ai aucun souvenir, on me l’a raconté ultérieurement, pas plus que je ne me rappelle ce Dick. Mais, après le décès de mon père il y a quelques mois, j’ai trouvé une énorme série de négatifs photographiques en noir et blanc. Ceux qui ont connu la photo argentique doivent s’en souvenir : une fois terminée la pellicule, on la portait à la boutique d’un photographe qui, quelques jours après, vous remettait une pochette à deux compartiments : dans l’un, les tirages sur papier, dans l’autre les négatifs, qu’on conservait pour d’éventuels retirages ou pour des agrandissements.
Des tirages qui étaient dans ces pochettes retrouvées, je possède un certain nombre. Mais la curiosité m’a poussé à numériser les négatifs, ce qui permet d’en prendre connaissance sans passer par un nouveau tirage.
C’est ainsi que j’ai trouvé une photographie de ce Dick que je n’avais jamais vu, où je figure aussi aux côtés de mon père, celui-ci ayant d’ailleurs l’air plus occupé par le chien. Remarquer l’incroyable chapeau que je porte : était-ce la mode en 1949 ou s’agit-il d’une fatalité familiale d’avoir des couvre-chef ridicules, si on pense à celui de mon arrière-arrière-grand-père, voir l’article « Deux photos d’une fête de famille en 1896 ».

Le chien Dick, mon père et moi-même, vers 1949 quelque part près de Marseille. La photo a du être faite par ma mère.

Le chien Dick, mon père et moi-même, vers 1949 quelque part près de Marseille.
La photo a dû être faite par ma mère.

 

3 réponses à “Le chien retrouvé

  1. Voilà donc Dick qui passe à la postérité et à l’immortalité (?) de l’internet. Il doit bien rire de ce chapeau…

  2. Moi aussi j’ai cherche une photo de mon chien lui aussi appelé Dick. J’ai enfin trouve en scannant des photos chez mes parents lors de mon dernier voyage en France. Il était présent dans la photo prise après la cérémonie de mon baptême, photo que je n’avais jamais vu avant. Par contre j’ai eu la chance qu’il est reste avec nous jusqu’à mes 8 ans. La nuit il gardait l’atelier de mon père et y passait la majorité de ses journées avec lui et ses ouvriers, il revenait avec eux pour manger à la maison. Il nous (ma mère et les filles) accompagnait comme chien de garde quand nous allions travailler dans les champs ou les vignes éloignés du village, car il y avait souvent de drôles de phénomènes qui se trimbalaient dans la nature. Merci de faire revivre mes souvenirs!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *