Jamais sans mon manteau, Nice 1881

Pour saisir toute la saveur de ce court article paru dans Le Petit Niçois du dimanche 17 juillet 1881 quelques précisions de vocabulaire ne sont peut-être pas inutiles : les poucettes sont d’après Littré une « corde ou chaînette dont on se sert pour attacher les pouces de certains prisonniers », autrement dit l’ancêtre des menottes. Dans le contexte une fille est une prostituée, quant au violon, terme emprunté à la presse parisienne, c’est la cellule de la garde à vue.

« La police des mœurs à Nice. —
Hier au soir un rassemblement assez important s’était formé vers 9 h. 1/2, au coin des rues St-Michel et Gioffredo.
Il s’agissait d’une fille que les agents des mœurs voulaient emmener, et qui résistait.
Elle ne refusait pas de se rendre au dépôt, disait-elle, mais étant malade, elle voulait absolument qu’on montât chez elle, au premier étage, lui chercher un manteau pour s’envelopper la nuit, au violon. Les agents ne voulurent pas, et ils durent faire venir deux sergents de ville et une voiture pour emmener cette malheureuse, qui se débattait comme un beau diable, parce qu’on voulait lui mettre les poucettes, — ce qui nous a paru excessif.
La foule s’est séparée en commentant ce fait et trouvant qu’un des agents eût pu donner à cette fille la satisfaction de lui chercher son manteau, ce qui eût évité un scandale pénible. »

On peut bien sûr se demander si un manteau est vraiment indispensable à Nice vers la mi-juillet.

Une réponse à “Jamais sans mon manteau, Nice 1881

  1. Il faisait peut-être frais au violon durant la nuit, même en juillet…

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