Un pauvre berger, Alpes-Maritimes 1881

Une affaire qui n’est pas dépourvue d’une certaine grandeur tragique, telle est celle qu’a eue à juger la cour d’Assises des Alpes-Maritimes et qui est évoquée dans Le Petit Niçois du mercredi 13 juillet 1881. Le destin de l’accusé comme le décor grandiose où il a vécu, à quelques kilomètres seulement de Nice, concourent à l’étrangeté de cette aventure.

« AFFAIRE REVELLI
Pierre-Paul Revelli est un pauvre berger des montagnes de Breil. Toujours, livré à lui-même, ne voyant sa famille que le soir, quand il la voit, il est à moitié sauvage, âpre comme les rochers au milieu desquels il vit.
Sa femme, mère de sept enfants, a disparu un beau jour, sans qu’on sache pourquoi. Il y a sept ans de cela, et on l’attend encore. Revelli a laissé ses enfants pousser comme les arbres des forêts. Il leur a donné du pain et c’est tout.
L’un de ces fils nommé Ange, a cherché à son père, le 8 octobre dernier, une mauvaise querelle. Il lui a reproché d’avoir volé une somme qui n’avait jamais existé. Le lendemain, la querelle a recommencé, et ce fils coupable a terrassé son père. Enlacés comme deux serpents, ces deux hommes ont cherché à. se donner la mort… Ange, après avoir donné plusieurs coups de bâton à son père, s’enfuyait quand ce dernier se relevant et, trouvant sous sa main une hache, l’a lancée à la tête de son fils, qui fut atteint au front. Faute de soin, la blessure fut mortelle…
M. le docteur Vivaldo a présenté un rapport qui n’a laissé aucun doute dans l’esprit de l’auditoire sur les faits que nous venons de résumer.
Le jury ayant reconnu que Revelli s’était trouvé dans le cas de légitime défense a prononcé son acquittement. »

On peut juste se demander comment Pierre-Paul a pu toucher son fils au front en lui lançant une hache alors que celui-ci s’enfuyait.

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