Des secours vraiment rapides, Nice 1881

Le 26 juillet 1881, un article du Petit Niçois montre qu’en cas d’accident il vaut mieux pour la victime qu’elle soit patiente, car les secours n’ont pas encore la célérité du SAMU:

« Grave accident. — Cette nuit, à une heure du matin, un professeur de gymnastique, le nommé X…, demeurant rue Gioffredo, 35, rentrant chez lui, tomba dans la cage de l’escalier, soit qu’il ait été pris d’un étourdissement, soit qu’il ait fait un faux mouvement qui l’ait précipité.
On l’a immédiatement relevé, baigné dans une mare de sang. Il avait la tête fracassée. On alla chercher en toute hâte les docteurs Baroski et Escofficr, qui ne se trouvèrent pas chez eux. On alla frapper à la pharmacie Vigon, mais on n’ouvrit pas.
De guerre lasse, un agent de police alla chercher le docteur Guillabert, mais pendant ce temps-là, le blessé râlait et perdait beaucoup de sang, et comme les secours tardaient à venir, les personnes présentes se décidèrent à mettre le blessé dans une voiture et à le conduire à l’hôpital civil.
Quelques minutes après le départ de la voiture, le docteur Guillabert arriva, constata les traces de sang, dit aux personnes présentes qu’elles avaient bien fait de conduire ce malheureux à l’hôpital, mais que probablement on ne l’y recevrait pas et M. Guillabert rentra chez lui.
À demain de plus amples détails. »

On peut aussi s’étonner de ce professeur de gymnastique tombant dans la cage d’escalier et des causes alléguées par le journaliste. À moins qu’il ne faille chercher une cause plus liquide, ce que confirme le numéro du lendemain, qui donne aussi le nom de la victime :

« […] M. Grisel ne se rend pas compte lui-même de la façon dont l’accident a pu se produire. Il était du reste légèrement gris.[…] »

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