Deux cas de misère, Nice 1881

Deux faits divers lamentables se succèdent sur la page trois du Petit Niçois, qui en compte quatre, le 2 août 1881. Une fois de plus on est bien loin de l’image édénique qui sert d’enseigne à la cote d’Azur :

« Misère. — Avant-hier matin, dit le Phare du Littoral, une scène des plus touchantes s’est passée sous les arcades de la place Garibaldi.
Une pauvre femme, décharnée et mal vêtue, était étendue à terre et paraissait se trouver mal. Quelques personnes, émues par son air de souffrance, s’approchèrent de cette malheureuse. Pressée de questions, elle finit par avouer qu’elle n’avait rien mangé depuis l’avant-veille ; que son fils, un gaillard de. 26 ans, exempté autre- fois du service comme soutien de famille, s’était marié, et que, depuis, il lui refusait tout secours.
On fit aussitôt respirer des sels à la pauvre mère, un cordial l’aida à reprendre ses forces, et des mains charitables lui glissèrent furtivement quelques pièces de monnaie pour subvenir a ses premiers besoins.
Dès qu’elle put marcher, on lui indiqua le Bureau de bienfaisance qui espérons-le, ne laissera pas cette femme infortunée par dessus toutes mourir de faim sur le pavé. »

« Enfant abandonné. — Hier la police a rencontré sur la voie publique un pauvre enfant à peine âgé de 12 ans, que ses parents ont eu la cruauté d’abandonner sans la moindre ressource.
Ce malheureux a été conduit à l’hôpital Saint-Roch où il recevra tous les soins que sa position réclame, en attendant que les recherches ordonnées puissent fournir sur ses mauvais parents quelques renseignements utiles. »

L’angle nord-ouest de la place Garibaldi à Nice.
Wikimedia Par vl04 — originally posted to Flickr as Nice, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=14933096

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