Tapage nocturne, Nice 1881

Le Petit Niçois du 13 août 1881 rapporte des scènes d’un autre âge : on est encore en un temps où il suffit de la voix humaine pour faire du bruit, car elle ne sera pas couverte par les moteurs et les appareils de tout acabit ; c’est une époque où les gardiens de la paix assurent leur faction nocturne en prenant le frais tranquillement assis sur un banc et ne se lèvent même pas pour faire taire les contrevenants ; enfin c’est un monde où le dernier mot revient à une courtisane.

« Salubrité publique. — un de nos lecteurs nous écrit :
Hier, dans la nuit, un couple d’amoureux — une cocotte et un monsieur très bien mis, — montés dans une calèche (la n° 46), ont traversé plusieurs fois les boulevards et promenades publiques, en répétant, à haute voix, des refrains de chansonnettes, peu en harmonie avec la morale publique. La voiture marchait au petit pas.
Arrivés en face la place de la Préfecture, l’un des trois agents de la sûreté publique, qui, à cette heure-là, et par un clair de lune magnifique, stationnaient paisiblement sur l’un des bancs de la promenade des Terrasses, s’est contenté d’inviter cette dame au silence :
— Ohé ! la chanteuse, chantez pas si fort, là-bas !
La chanteuse a fait un pied de nez aux agents et a recommencé de plus belle,
Un Monsieur qui suivait la voiture a cru devoir alors adresser quelques mots au cocher ce qui lui a attiré, de la part de la dame une série d’apostrophes peu décentes. »

Une calèche par Pearson Scott Foresman
Wikimedia

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