Une femme battue, Nice 1881

On n’oserait plus aujourd’hui écrire un article comme celui qui est paru dans Le Petit Niçois du 11 octobre 1881, même si, malheureusement, des faits semblables sont encore courants. Mais on emploierait pas certaines de ses expressions.

« Scène conjugale. – Hier soir, à sept heures, des cris épouvantables étaient poussés par une femme ; dans la rue Assalit, dit le Journal de Nice. Beaucoup de personnes du quartier, ignorant la cause de ses cris de détresse, coururent vers l’endroit d’où ils partaient. Nous étions du nombre.
Ayant rencontré au milieu du chemin un ouvrier qui venait en sens opposé, nous lui demandâmes quel était le motif de ces appels désespérés : « Ce n’est rien, répondit-il, qu’un mari qui assomme sa femme. » Nous avons pu constater que ce que disait insouciemment ce philosophe était vrai.
Nous avons vu, en effet, un grand gaillard en train d’assommer, à coups de poings, sa femme qui tenait un petit enfant dans les bras.
Cette malheureuse s’est réfugiée chez un marchand de comestibles où on lui a prodigué les soins que nécessitait son état. Il est vrai d’ajouter, d’après les on-dit des voisins, que nous ne garantissons nullement, que cette femme est quelque peu acariâtre. Mais cela ne nous paraît pas une raison suffisante pour l’assommer. »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *