Un faux suicide à Antibes en 1882

Comme le rappelait un précédent article, le suicide est fréquent à la fin du XIXe siècle, du moins les cas décrits dans la presse sont fréquents. Il arrive aussi qu’un apparent suicide dissimule un meurtre, parfois de façon très maladroite, comme le rapporte Le Petit Niçois du 4 mars 1882 :

« Antibes – Un jeune homme d’environ 25 ans, nommé Jean, jardinier chez M Dennery, au cap d’Antibes, a été trouvé assassiné vendredi dernier.
Le ou les assassins, après l’avoir poignardé très profondément au moyen d’un stylet, l’ont pendu au portail de la villa de M Richard pour faire croire à un suicide.
Sa montre et l’argent de la victime ayant été trouvé sur lui, on croit être en face d’une vengeance.
Le parquet a fait les constatations légales et ouvertes une enquête.
Détail particulier : ce malheureux a été enterré sans cérémonies aucunes, et même, dit-on, sans cercueil. Cette circonstance émeut la population d’Antibes. »

Deux questions se posent évidemment : les assassins pensaient-ils vraiment qu’on ne remarquerait pas le coup de stylet sur leur victime ? D’autre part, quelle est la nature du mécontentement ressenti par les Antibois devant les obsèques plus que modestes du malheureux : est-il seulement d’ordre moral et religieux, ou bien exprime-t-il la conscience de l’injustice sociale ?

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