Meurtre au lupanar

Assassiner une prostituée n’a rien d’exceptionnel et certains tueurs en série s’en sont même fait une spécialité. Mais on peut s’étonner quand les faits se déroulent au vu et su de tout le monde comme dans cette anecdote peu banale que rapporte Le Petit Niçois du mardi 18 juillet 1882 :

« Meurtre. – Un meurtre a été commis, la nuit dernière, à 11 heures, dans la maison de tolérance de la rue Bovis, 7. Le nommé Jean Vollero, entrepreneur de maçonnerie, demeurant rue Neuve-de-Villefranche, 15, étant entré dans cette maison, se rendit dans une chambre avec la fille Joséphine Morsh. Quelques minutes après, on entendit une détonation et on vit, en pénétrant dans la pièce, la fille Morsh, expirante sur le sol. Vollero lui avait tiré un coup de revolver dans le flanc droit.
M. le commissaire de police du troisième arrondissement s’est transporté immédiatement sur les lieux, accompagné de M. le docteur Guillabert, qui a constaté que l’état de la victime était désespéré.
Immédiatement arrêté, le meurtrier a été conduit au poste de l’Hôtel-de-Ville. En le fouillant, on a trouvé sur lui une somme de 45 ans et 40 cartouches de revolver.
Il a refusé d’expliquer Les motifs qui l’ont poussé à cet acte, se contentant de dire : « J’ai fait un coup de tête, tant pis. »
Au moment de son arrestation, Vollero, saisissant un verre à bière, s’en est porté un coup sur la tête, et s’est fait une légère blessure.
Une enquête est ouverte sur cette affaire. »

Les conclusions ont été un peu hâtives et, dès le lendemain, mercredi 19 juillet 1882, Le Petit Niçois apporte un complément d’information :

« Meurtre de la rue Bovis. – Une enquête minutieuse se poursuit au sujet du meurtre de la rue Bovis. L’état de la blessée n’est point aussi grave qu’on l’avait d’abord craint, et, dans l’après-midi dit, la police a conduit dans sa chambre le meurtrier pour procéder à une confrontation
La malade sera transportée à l’hôpital aussitôt que son état le permettra.
De nombreuses personnes se pressaient dans la rue Bovis pendant que la confrontation avait lieu. Dans la foule, on discutait le meurtre et les circonstances dans lesquelles il a été commis. L’assassin de la fille Morsh est marié et père de famille.
C’est là une affaire pour la prochaine session de la cour d’assises. »

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