Ouverture de la chasse, 1882

Depuis la loi du 3 mai 1844 qui en définit les périodes, les chasseurs attendent avec impatience l’ouverture de la chasse. Les gendarmes aussi, car ils vont partir à la chasse aux braconniers et aux chasseurs sans permis, de plus leurs patrouilles vont les amener dans des secteurs où on ne les voit guère d’habitude et ils pourront procéder à diverses arrestations prometteuses de primes. Ces menues gratifications sont détaillées dans un article du Petit Niçois le dimanche 20 août 1882.

« L’ouverture de la chasse et les primes de capture. — L’ouverture de la chasse, qui augmente dans une notable proportion les occupations des gendarmes, fournit également à ces représentants de la force publique une occasion d’augmenter leurs ressources, par suite de la prime qui leur est allouée pour les contraventions qu’ils dressent pendant cette période, soit contre les braconniers de profession, soit contre les chasseurs qui commettent l’imprudence de se mettre en campagne sans être nantis de leur permis de chasse.
Les courses forcées, les excursions que font pendant la durée de la chasse, les gendarmes, dans les petites localités, dont nombre de hameaux, où leur présence est rarement signalée en dehors de cette époque de l’année, leur fournissent également assez fréquemment des occasions de faire des captures pour lesquelles il leur est alloué des primes. Ainsi, pour l’arrestation d’un déserteur ou insoumis des troupes de terre ou de mer, ils reçoivent 25 francs ; pour les prisonniers de guerre ou les détenus échappés l’un pénitencier ou d’un atelier de condamnés, 25 francs ; pour l’arrestation d’un militaire absent illégalement de son corps, 5 francs, si l’arrestation a lieu dans les limites de la garnison, et 6 francs si elle a lieu hors de ces lignes. Pour l’arrestation d’un condamné, homme ou femme, évadé d’une maison centrale de force ou de correction, 10 francs.
Pour l’arrestation d’un forçat évadé d’un bagne, 100 francs, s’il est arrêté hors des murs de la ville ; 50 francs s’il est arrêté dans la ville et 25 francs si l’arrestation a lieu dans le port. Pour l’arrestation d’un contrebandier ou individu colportant, en fraude, soit du tabac, soit des poudres à tirer, la prime est de 15 francs. L’ar¬restation d’un évadé d’une maison d’éducation correctionnelle appartenant à l’État donne droit à une prime de 15 francs. Comme on a pu le voir, la plus forte prime est celle de 100 francs accordée pour l’arrestation d’un forçat évadé, mais les cas sont peu fréquents. »

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