Prolétariat, Nice 1882

Voici un article paru le lundi 11 septembre 1882 dans le Petit Niçois. Difficile d’être à la fois plus vague et plus précis :

« Arrestations — La police a arrêté hier matin, à 4 heures, les individus ci-après désignés qui ont été trouvés couchés dans une baraque située rue de l’Escarène :
Labbé Hiquette, 20 ans, maçon ;
Rocca David, 18 ans, maçon ;
Fossatti, Gaétan, 16 ans, menuisier ;
Lamberti, 18 ans, maçon ;
Ravel Joseph, 17 ans, maçon. »

L’heure et le lieu sont indiqués, on a certes l’identité et l’âge des personnes arrêtées, ainsi que leur profession, mais on ne dit pas pourquoi la police vient les chercher à une heure aussi matinale. C’est qu’aux yeux du lecteur le motif de l’arrestation est évident : ces cinq garçons ne dorment pas chez eux ou dans un logis dûment patenté, ils « squattent » un abri de fortune. En plus ils sont tous mineurs. Qui sont-ils ?
Sauf pour le premier, leurs noms sont familiers si on a tant soit peu fréquenté la généalogie niçoise et ces patronymes les désignent comme « Niçois de souche ». Quant à la profession elle indique qu’ils appartiennent au « bâtiment », secteur qui a « explosé » à Nice en cette deuxième moitié du XIXe siècle et qui fournit de l’ouvrage à d’innombrables bras, mais les maintient en même temps dans la précarité.
Ces jeunes gens évoquent pour moi le souvenir d’un de leurs contemporains, mon arrière-grand-père Honoré Bellon, né à Nice en 1856 et qui, orphelin à 13 ans, gagnait sa vie en portant sur les échafaudages des « gamates » (couffins) de mortier.

Une réponse à “Prolétariat, Nice 1882

  1. Des échaffaudages en bois et cordes avec très souvent des plateformes sans garde-corps quand il fallait faire vite.

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