Nice, une tranche de vie en 1882

Le Petit Niçois du dimanche 15 octobre 1882 dans sa rubrique des faits  divers locaux montre à la façon d’un kaléidoscope la variété de la vie niçoise à la fin du XIXe siècle, en allant des princes aux gens les plus simples et en passant par les pèlerins, le poisson avarié, les amoureux et un escroc :

« Nos hôtes. — Un de nos hôtes les plus anciens et les plus sympathiques, M. le duc de Parme, connu sous le nom de comte de Viilafranca, va s’installer dans sa villa de la rue de France. M. le duc de Parme arrive avec sa suite de Bagnère-de-Bigorre. — M. Lockroy, député, est à Menton ; il est descendu au grand hôtel du Louvre.

Pèlerinards. – Les pèlerins espagnols dont nous avons déjà parlé, venant de Rome, sous la direction d’un archevêque et d’un évêque, ont traversé hier notre ville, retournant dans leur pays, chargés des bénédictions du pape. Ils sont environ 140.

Salubrité publique. – Vendredi, 25 kg de poissons impropres à la consommation ont été saisis et jetés à la voirie.

Un enlèvement. – Hier, M. le commissaire central a été avisé qu’une jeune fille de Turin avait quitté le domicile paternel pour suivre son amant. Les deux fugitifs étaient partis pour Nice. En effet, la police de notre ville ne tarda pas à trouver le ni des deux tourtereaux. La jeune fille, qui est âgé de 17 ans, sera renvoyée à Turin est rendue à ses parents. Quant au jeune homme, on le laisse libre d’aller où bon lui semblera.

Escroc. – Un libraire de notre ville a été, vendredi, dupe d’un escroc se disant du meilleur monde. Cet individu, après avoir parlé de ses nobles parents, avait demandé au libraire de lui prêter 300 Fr. heureusement ce dernier ne put lui en prêter que 100. Il a donc ainsi gagné 200 Fr. net. La victime de cette escroquerie ne tarda pas à s’apercevoir qu’il avait été joué ; toutes les références qui lui avaient été données par le dandy étaient de pure invention. Aussi s’empressa-t-il porter plainte à la police.

Suicide. – S’est suicidé hier soir dans le Vieux Nice. C’est un nommé Jean Mera, âgé de 58 ans, qui demeurait rue de la Croix, 4. Vers 5h30 de l’après-midi, cet homme a enjambé Vérone le rebord de la fenêtre de sa chambre, située au second étage, et s’est jeté dans la rue, il s’est brisé le crâne en tombant sur le pavé ; la mort a été instantanée. Cet événement a produit une douloureuse émotion dans les vieux quartiers. On se perd en conjectures sur la cause qui a déterminé ce malheureux à attenter à sa vie. »

Remarquer le néologisme « pèlerinards » employé pour désigner ces voyageurs dévots travaersant  Nice. Il comporte le suffixe -ard, considéré comme péjoratif et signe de l’anticléricalisme du journal.

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