Écrasé par le tramway

Le Petit Niçois du 30 octobre 1882 relate un fait divers dont on mesurera à la fois l’absurdité et l’horreur en voyant la photo qui montre ce qu’était un tramway en ce temps-là.

« Suicide. – Une étrange manière de se suicider :
Samedi, vers sept heures du soir, un vieillard de 77 ans, nommé Jean-Baptiste Gossa, cordonnier de son état, s’est précipité volontairement sous une voiture de tramway, au moment où celle-ci passait devant le bureau de tabac de Sainte-Hélène, se dirigeant vers la Californie.
Le cocher n’a pas eu le temps d’arrêter sa voiture, parce que le vieillard ne s’est pas jeté en travers de la rue, devant le cheval, mais bien entre les jambes de derrière de l’animal et la plate-forme du wagon.
On s’empressa autour du malheureux, on le releva et on lui prodigua les premiers soins ; il avait eu une jambe broyée. Transporté à l’hospice, il y est mort pendant la nuit.
Des renseignements recueillis sur son compte, résulte que cet homme se livrait depuis longtemps à la boisson. »

Cette dernière phrase sert évidemment à disculper la société de la fin horrible du personnage en imputant la faute à son ivrognerie.
Que sait-on de lui ? Ce qu’en dit son acte de décès : c’est un déraciné, né en Italie, à Roccavione, province de Cuneo dans ce Piémont qui alimente une forte immigration à Nice.
Une dernière précision pour les personnes qui ne connaissent pas Nice : Sainte-Hélène et la Californie sont des quartiers alors périphériques, et même ruraux au début du XIXe siècle, près de l’actuelle Promenade des Anglais.

Un tramway à cheval Avenue de la Gare à Nice avant 1900.
Bibliothèque du Congrès des Etats-Unis.

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