Un miracle, Nice 1883

Le Petit Niçois se proclame républicain. Il s’ensuit qu’il est aussi antichrétien et participe à la propagande antireligieuse de la fin du XIXe siècle, mais en employant un ton modéré et en se moquant plutôt qu’en attaquant. On l’a vu dans l’article sur « La panique du Jésus ». Aussi ne manque-t-il pas l’occasion de ridiculiser ces femmes qui reviennent d’un pélerinage à Notre-Dame de Laghet dans un article du 10 juillet 1883 ; ce pélerinage – nous le savons de source directe et familiale – était l’occasion d’une promenade estivale à quatorze kilomètres de Nice et d’un pique-nique :

« Un miracle. — Avant hier vers 6 heures du soir, un long breack [sic], traîné par quatre chevaux, conduit par M. Darvic, revenait du couvent Notre-Dame de Laghet, réputée pour ses pseudo-miracles. Sur ce breack, se trouvaient une vingtaine de dames qui retournaient à Nice après avoir accompli un pèlerinage à ce sanctuaire. Sur la route de la Corniche, l’essieu de derrière s’est brisé au milieu, ce bris a déterminé la dégradation d’une partie des ridelles, et a causé une panique parmi les voyageuses, dont quelques-unes ont dû invoquer le secours de Notre-Dame de Laghet.
Revenues de leurs premières émotions, et, aidées par quelques militaires de passage à ce moment, nos pèlerines sont descendues de voiture et ont continué leur route à pied en chantant : Sauvez Rome et la France, etc., et convaincues que les soldats qui avaient aidé à leur sauvetage étaient des anges déguisés envoyés par la Madone. »

Une fête à Notre-Dame de Laghet en 1840.

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