Un étrange visiteur, Nice 1883

Un article paru dans Le Petit Niçois du mardi 17 juillet 1883 nous rappelle qu’en ce temps-là les bouchers abattent eux-mêmes les bêtes dont ils proposent des morceaux à leurs clients. Ils continuent ainsi la tradition déjà vue au XVIIIe siècle dans « Un ancêtre, Pierre Alles,1750-1811 ». Cet article montre aussi que, sous le nom de bœuf, c’est bien cet animal qui est vendu et non pas de la vieille vache laitière. De plus rencontrer un bœuf échappé dans la rue n’est pas un phénomène si rare, puisque on l’a déjà raconté dans « Un bœuf sur le trottoir ». Enfin, on est en été et les portes sont partout laissées ouvertes, ce qui explique la facilité avec laquelle le bovin entre dans les différents commerces.

« Un étrange visiteur. — Hier, vers 3 heures 1\2 de l’après-midi, un bœuf appartenant à M. Maglione, boucher, s’est échappé du local où il était remisé, rue du Collège. Pendant quelque temps il a couru comme un furieux, effrayant ceux qu’il rencontrait sur son passage, il est entré ensuite dans un restaurant, mais les personnes qui s’y trouvaient lui ayant fait peur, il sortit, pour entrer bientôt après dans une boulangerie ; enfin il pénétra chez un marchand de vin, témoignant ainsi qu’il avait à la fois faim et soif. Nulle part il n’a fait aucun mal. On l’a rattrapé et reconduit à la boucherie où on va le mettre bientôt dans l’im¬possibilité de tenter une nouvelle invasion. »

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