Des pubs, Nice 1883

En 1883 la publicité est déjà envahissante et investit tout espace disponible : affiches sur les murs, hommes-sandwiches sur les trottoirs, jusqu’à la rubrique des faits divers dans les journaux quotidiens, où des « publicités rédactionnelles », comme on appelle pudiquement les pubs qui se camouflent en articles rédigés, envahissent la rubrique des faits divers.
En témoignent parmi bien d’autres ces quatre articles qui paraissent dans Le Petit Niçois du mardi 11 décembre 1883 et que nous reproduisons tels quels pour montrer l’intention du maquettiste, qui est de tromper la vigilance du lecteur qui va lire ces publicités dans la foulée qui lui fait parcourir tout le journal.
Le premier a un titre effarant et fait dresser les cheveux sur la tête. On y apprend qu' »À la porte du Tombeau » une brave femme a été retenue par les Pilules Suisses.
Le deuxième exhibe comme titre le nom de l’héroïne éponyme d’un roman de Zola paru trois ans auparavant. Gageons que le lecteur soit émoustillé à cette évocation de la courtisane la plus célèbre de la littérature française. Il va trouver en fait une invitation à contempler un tableau mis en vente dans une galerie.
Troisième article, qui serait impossible de nos jours : la réclame d’un chirurgien-dentiste.
Enfin, publicité d’un marchand de vins, dont le nom évoque peut-être pour les connaisseurs le nom d’un crû fameux du Bordelais, avec un renvoi explicite à la page 4 qui, elle, – mis à part un petit encadré pour les cours de la Bourse – est entièrement remplie de publicités. Rappelons que Le Petit Niçois n’a que quatre pages.

Le Petit Niçois du mardi 11 décembre 1883. Extrait de la page 2.
(Archives départementales des Alpes-Maritimes)

Le Petit Niçois du mardi 11 décembre 1883. Page 4 et dernière.
(Archives départementales des Alpes-Maritimes)

 

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