Se débarrasser des pianos, Nice 1884

Le problème du bruit se pose déjà au XIXe siècle, comme le montre un article paru dans Le Petit Niçois du 22 mai 1884. Heureusement, dans le cas évoqué, d’astucieux ouvriers trouvent une solution :

« Un moyen pour se débarrasser du voisinage des pianos. — Les pianos sont parfois bien incommodants. Le matin, en vous éveillant, vous entendez tapoter sur le clavecin ; à midi, lorsque vous savourez votre moka, vous entendez encore votre voisine d’en face qui s’évertue à faire de la musique, sans paraître se douter qu’elle vous incommode profondément, le soir, en vous couchant, la gamme sempiternelle se fait entendre encore.
Voici un moyen radical pour faire taire l’instrument agaçant.
Des ouvriers travaillant dans un atelier donnant sur la cour d’une maison de notre ville, fatigués des études incessantes de leur voisine la pianiste, se donnèrent un beau jour le mot, et, quand l’instrument se fit entendre, il se mirent tous en chœur à siffler comme un aveugle qui joue désespérément de la clarinette. Ils firent un tel tapage, que leur concert inattendu incommoda au dernier des points la belle pianiste, qui crut bon de transporter son piano dans une pièce donnant sur la rue.
Là, elle peut monter et descendre ses gammes à son aise, sans ennuyer les ouvriers, qui, heureux de leur stratagème, ont repris gaiement leur travail. »

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