Audacieux malfaiteurs, Cannes 1884

Des scènes dignes d’un western, qui se déroulent dans l’arrière-pays de la Côte d’Azur, c’est ce qu’on peut lire dans Le Petit Niçois du 8 décembre 1884 :

« CANNES
Audacieux malfaiteurs. – Une tentative de vol, d’assassinat peut-être, a été audacieusement commise samedi 29 novembre à Mandelieu, villa Minette, au quartier de ce nom, près du champ de courses de Cannes, route de Fréjus, au pied de ce poétique Estérel, si célèbre comme repaire de banditisme au bon temps des diligences.
La villa Minelle est sur la route nationale n. 97.
Vers 5 heures 1/4 pendant que le vent soufflait dans la Pinède, trois hardis coquins, à la faveur de la nuit et du bruit du vent, se sont présentés à la villa Minelle appartenant à M. Laugier, homme d’une soixantaine d’années qui l’habite avec sa domestique nommée Rose, âgée d’environ 35 ans. Un domestique homme vient y travailler chaque jour. Pendant que M. Laugier se trouvait au fond de son appartement, et le domestique dans les dépendances sur le point de descendre à Mandelieu, nos trois malfaiteurs, dont un était armé d’un fusil, ont agité la son¬nette. La domestique accourant ouvrir, deux l’ont saisie à la gorge, l’ont bâillonnée d’un mouchoir ou cravate et ont cherché à l’étrangler.
Elle s’est débattue ; elle a pu pousser quelques cris étouffés. Ce que entendant M. Laugier est accouru on toute hâte en même temps que le garçon qui s’était armé d’un fusil.
Les malfaiteurs alors lâchant la domestique ont pris la fuite, deux vers la montagne et le troisième vers la route natio¬nale.
Le garçon a tiré deux coups de fusil dans la direction des fuyards à vingt-cinq pas ; mais il faisait nuit, il n’est pas pro¬bable, malheureusement que ces deux coups de feu les aient atteints.
Des voisins quelque peu éloignés sont accourus, mais leurs recherches ont été vaines.
La gendarmerie a fait des perquisitions restées infructueuses. Il est à souhaiter qu’elle mette bientôt la main sur ces trois coquins amenés par le vol et qui n’au¬raient sans doute pas reculé devant l’assassinat à commettre pour couvrir leur vol.
L’un d’eux a laissé tomber à la Villa un chapeau ; on a trouvé aussi une de ces plumes de geai dont les Piémontais aiment à orner leur couvre-chef. La do-mestique a retenu entre les mains un morceau de mouchoir ou de cravate en se débattant. »

L’Estérel vu de Cannes sur une carte postale de 1910.

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