Bataille de dames ou l’art de l’euphémisme, Nice 1884

Le 13 décembre 1884 Le Petit Niçois publie un article plutôt sibyllin que seul un détail permet de « décoder ». En ce temps-là en effet on s’exprime de façon pudibonde :

« Bataílle de dames. – Hier, à une heure, sur la promenade du Cours, deux dames assez bien mises se sont crêpé le chignon.
Cette lutte homérique a duré dix bonnes minutes.
Les deux combattantes ont été séparées par un monsieur qui, paraît-il, n’est pas étranger au différend qui divisait ces dames. »

« La promenade du Cours » désigne le Cours Saleya, alors artère principale de Nice, établie sur le no man’s land laissé jadis entre les remparts qui défendaient le sud de la ville du côté de la mer et les premiers bâtiments. D’autre part, ce que suggère la mise en italique du terme monsieur est qu’il s’agit d’un souteneur et que les « deux dames » qui se sont affrontées sont très probablement des prostituées à la recherche de clients.

Le Cours Saleya un jour de marché, sur une carte postale du début du XXème siècle.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.