Assassiné sur sa demande, Alpes-Maritimes 1885

Réserver les petits plombs pour la chasse à l’étourneau et préférer la chevrotine si l’on a quelqu’un à tuer, telle pourrait être la conclusion de cet étonnant article paru le 3 mars 1885 dans Le Petit Niçois :

«                                                VENCE
Assassiné sur sa demande ! – On écrit de Vence au Petit Var :
Deux jeunes gens, les nommés Michel et Lantery, âgés le premier de 15 et l’autre de 18 ans, faisaient la partie aux cartes dans la maison de M. Marcel, dont le dernier est le domestique.
Tout à coup, Lantery dit à son camarade : « Je voudrais bien mourir, tue-moi ; je te garantirai que c’est moi qui te l’ai commandé! » Il se lève et écrit sur un morceau de papier qui a été trouvé et envoyé au parquet, que sa volonté est d’être tué par Michel. Puis il va prendre le fusil de son patron, qui était absent, et il le charge avec du petit plomb. L’opération finie, il le présente à son camarade, se place à une distance d’environ quatre mètres et lui commande de faire feu. Michel, sans hésiter, presse la détente et son camarade tombe foudroyé : il avait reçu toute la charge dans le haut de la tête.
On ne peut s’expliquer comment la femme Marcel, qui était présente, n’a pas empêché Lantery de s’emparer du fusil.
On a couru aux cris poussés par la victime et par Michel : le médecin prévenu constata que le coup n’était pas mortel ; mais la charge, quoique légère, et ayant porté dans le front et dans les yeux, il est probable que la vue sera perdue : jusqu’à ce jour, aucune amélioration ne s’est produite et le malheureux jeune homme risque fort de rester aveugle toute sa vie. »

Vence au début du XXème siècle;

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