Folle par amour, Alpes-Maritimes 1885

On peut lire dans Le Petit Niçois du 17 mars 1885 un bien triste fait divers qui illustre à nouveau la facilité avec laquelle on pratique en ce temps-là l’enfermement psychiatrique :

« Folle par amour. — Le correspondant du Petit Var envoie à ce journal le récit du fait suivant, qui s’est passé à Beaulieu :

Une jeune fleuriste, la nommée Françoise B…, âgée de 24 ans, demeurant au hameau de Beaulieu, s’était vivement éprise d’un jardinier des environs qui répondit à son amour. Leurs relations, d’abord très correctes, devinrent bientôt suivies, et un beau jour la belle Françoise s’abandonna dans les bras de son amant.
Sur le point de devenir mère, elle en fit part à son fiancé qui, à cette perspective, cessa tout à coup sa cour à la pauvre fille et épousa même, sur ces entrefaites, une jardinière de Nice, avec laquelle il vint s’installer dans une propriété de Beaulieu.
La jeune délaissée contint cependant son indignation devant ce lâche abandon et accoucha dans le courant de février dernier d’un garçon.
Mais, depuis lors, la maladie aidant, elle fut prise d’accès de folie furieuse, et ce n’est qu’à grand peine qu’on pouvait la maîtriser.
Un arrêté préfectoral, en date du 13 courant, vient de prononcer son admission d’urgence à l’asile des aliénés de Saint-Pons. »

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