Les institutrices mariées n’ont pas à le cacher, 1885

Un article paru le 26 mai 1885 dans Le Petit Niçois qui ne concerne pas une réalité spécifiquement niçoise, mais qui peut être lourd de signification sur les mentalités de la fin du XIXe siècle :

«                              Les institutrices mariées.
L’autorité académique vient de rappeler aux institutrices qui se marient qu’elles doivent faire connaître le nom de leur mari.
De la négligence de cette formalité résultent de nombreux inconvénients. Les institutrices continuent, en effet, d’être inscrites sur les états de traitements sous leur nom de demoiselle, tandis qu’elles signent leurs mandats du nom de leur mari. C’est pour faire cesser cette irrégularité que l’autorité académique a cru devoir rappeler aux institutrices les obligations qui leur incombent en cas de mariage. »

On pourrait se demander en effet pourquoi en 1885 les institutrices seraient réticentes à souligner le fait d’être mariées. Mais il faut replacer leur apparition dans son contexte historique : elles remplacent les religieuses dans ce rôle d’éducatrices des fillettes et il est possible que, pour d’obscures raisons de permanence des mentalités, elles soient mieux acceptées si elles sont célibataires ou, tout au moins, font semblant de l’être. N’oublions pas que leurs collègues masculins, les fameux hussards noirs de la République, empruntent beaucoup au curé de la paroisse, couleur du costume comme raideur morale.

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