Une mauvaise farce, Nice 1885

Comment expliquer le geste absurde que rapporte Le Petit Niçois du 10 juin 1885? Est-ce que la qualité de courtisane de son auteur l’affranchit de toutes les règles? L’alcool, que l’article n’évoque pas, contribue-t-il à la libérer de toute inhibition?

« Une mauvaise farce. — Une belle petite fort connue à Nice, dans le monde de la haute noce, a été arrêtée hier au soir, à 11 heures, au moment où elle venait de jouer une farce pendable. Un couple passait sur la place Masséna, près de la station des voitures. Brusquement, la belle petite en question accosta les deux promeneurs, et aspergea la femme d’un liquide que contenait un gros flacon qu’elle avait à la main. Les témoins de la scène crurent que c’était du vitriol. La pauvre femme porta rapidement son mouchoir à son visage, marbré de larges taches noires. Quant au monsieur qui était avec elle, il appliqua sur la joue de l’auteur de l’attentat deux maîtres soufflets qui la renversèrent. Des agents de police arrivèrent aussitôt et la conduisirent au poste de police.
La victime de cette agression fut conduite à la Pharmacie Alsacienne, rue Gioffredo, où l’on se convainquit que ce qui tachait son visage était tout simplement de l’encre. En effet, il suffit d’un peu d’eau et d’un linge pour en faire disparaître toute trace.
Elle en fut quitte pour une épouvante, bien naturelle en un pareil cas.
Avouez que c’est là une fumisterie qui dépasse les bornes du permis et pour laquelle il serait juste qu’on infligeât une sévère punition à celle qui l’a commise. »

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