Un enfant trouvé

En ce temps-là on ne fait plus comme au XVIIIe siècle : on n’abandonne plus les nouveau-nés indésirables à la porte des églises et des couvents ; on choisit l’hôpital. Le Petit Niçois du 21 janvier 1886 rapporte une affaire semblable où un enfant a été déposé devant un établissement public :

« Enfant trouvé. – Le 18 courant, vers 11 heures du soir, on a trouvé abandonné sur les marches de l’hôpital Saint-Roch, un nouveau-né du sexe masculin, en vie et en parfaite santé.
Cet enfant était couché dans un petit panier en osier et enveloppé d’un lange en molleton blanc et d’une serviette de table marquée aux initiales M. M.
Une enquête est ouverte à l’effet de découvrir l’auteur de cet abandon. »

Et cette enquête aboutit rapidement car, dès le 31 janvier, le quotidien peut écrire :

« Enfant trouvé. — Grâce. aux perspicaces recherches de M.Dufour, commissaire de police du 3e arrondissement, on est arrivé à connaître la malheureuse qui avait abandonné son nouveau-né sur les marches du perron de l’hôpital Saint-Roch.
C’est une jeune fille de 22 ans, nommée C…, 22, rue Lamartine prolongée. Arrêtée, cette mère dénaturée a déclaré qu’elle ne pouvait nourrir son enfant et qu’elle l’avait déposé sur les marches de l’Hôpital, où il aurait été fatalement recueilli, plutôt que de le tuer ou de le laisser périr. »

Quelle méthode les policiers ont-ils employée ? Peut-être ont-ils interrogé les sages femmes. Quoi qu’il en soit la consultation des actes de naissance de ce mois de janvier 1886 révèle qu’une Italienne nommé C… Marie, cigarière de profession et âgée de 26 ans, a mis au monde le 8 janvier un enfant prénommé Henri, fils de père inconnu.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.