L’habit ne fait pas le prêtre, Grasse 1886

À la fin du XIXe siècle la Côte d’Azur est une terre d’élection pour les escrocs de tout genre. Celui que montre un article du Petit Niçois le 22 mars 1886 profite de la confiance qu’inspirent les ecclésiastiques. Mais on pourrait se demander justement si la façon dont le journal insiste sur cette confiance naïve ne relève pas de l’anticléricalisme, qui est inhérent à ce quotidien d’obédience radicale :

« GRASSE

Escroquerie. — Une bonne petite histoire, assez originale, vient d’arriver à une maison de Crédit de notre ville :
Un Monsieur en costume de prêtre, correct, bien élevé, l’air distingué, se présente avant-hier aux guichets et demande à escompter une traite : il est, dit-il, vicaire de La Madeleine à. Paris ; se trouvant à Grasse, au Petit Séminaire, par raison de santé, un besoin urgent le force à cette démarche.
M. le Directeur, sans aucune méfiance et surtout rassuré par le costume du demandeur accepte la traite et paye. ….
Après réflexions, on se décide, le lendemain, à prendre des renseignements au Petit Séminaire où l’on répond que M. de… est entièrement inconnu.
Le plus drôle est. que ce Monsieur était bien tranquille, puisqu’il a déjeuné à l’hôtel Muraour, a attendu l’heure du train en prenant son café et suite à un établissement voisin.
La manière d’opérer prouve une grande expérience dans le métier, par même le chiffre de 150 fr., il avait bien compris qu’une plus forte somme aurait pu donner des soupçons et fait avorter son projet.
Espérons que l’on éclaircira cette affaire et que le pseudo-prêtre sera retrouvé ; mais, quant aux 150 francs, nous en doutons »

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