La morte est-elle vivante ? Antibes 1886

La peur d’être enterré vivant est une phobie bien attestée au XIXe siècle. En témoigne un article du Petit Niçois paru le 1er juin 1886 :

« ANTIBES

Grand émoi, avant-hier, au cimetière de notre ville. Le convoi funèbre d’une petite fille de cinq ans venait d’arriver dans le champ de repos ; là, selon une vieille coutume, avant de descendre le cercueil dans la fosse, on le découvrit pour permettre aux assistants de voir une dernière fois la défunte. Mais l’enfant paraissant mal placée dans la caisse une personne présente la prit dans ses bras pour la placer mieux. Ce mouvement ayant produit une contraction de la peau du visage de la défunte, les veux de cette dernière s’ouvrirent, ce qui fit croire qu’elle n’était pas morte. Vous pensez si l’émotion fut considérable ; on s’empressa aussitôt autour du cadavre que l’on croyait ressuscité, on envoya chercher un docteur, un agent de police, et la nouvelle se répandit aussitôt en ville où elle fût bientôt commentée, développée et surtout considérablement augmentée.
Malheureusement, l’espoir que les parents avaient pu un instant concevoir, ne fût pas de longue durée. M. le docteur Raymond qui s’était aussitôt transporté au cimetière constatait, en effet, qu’il ne pouvait y avoir aucune espèce de doute ; l’enfant était morte et c’est une illusion seule qui a pu faire croire qu’il en était autrement. Par acquit de conscience, l’inhumation n’a eu lieu cependant que 4 heures plus tard. Cet espace de temps a permis de s’assurer que le doute n’était pas permis sur le décès. »

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