Des brigands dans les Alpes-Maritimes en 1886

C’est un vrai western qui se déroule dans les Alpes-Maritimes en cet été de 1886, avec attaque des bandits et intervention de l’armée, en l’occurrence les gendarmes. Le Petit Niçois raconte ces événements dans un article du 26 juillet.

« GUILLAUMES

Une bande de brigands. — Lundi dernier, la brigade de Guillaumes était avisée par dépêche que cinq brigands, dont deux étaient porteurs de fusils et un troisième d’une grosse hache, parcouraient les montagnes qui séparent notre canton de la vallée de la Tinée.
La veille, ces audacieux voleurs avaient tenté de saccager une cabane dite la Clapiére, sur le col de Poile.
A quelques mètres de distance ils ont déchargé leurs fusils, chargés à balles, sur cette habitation. Deux bergers s’y trouvaient ; au bruit des détonations ils saisissent leurs armes et, sortant de la cabane, déchargent plusieurs coups sur ces touristes d’un nouveau genre, qui déjà commençaient à fuir.
Toute la nuit l’un des bergers monta la garde devant la cabane, prévoyant un nouvel assaut. Dès l’aurore il put apercevoir les bandits rôdant au pied des rochers abrupts, à quelque distance de la cabane ; ce manège a duré pendant toute la journée. Vers le soir, poussés probablement par la faim, ils essayèrent un dernier assaut sur la cabane ; mais les deux bergers les repoussèrent mieux encore, sans que d’un côté ni d’autre on pût s’atteindre.
Les gendarmes, partis le lundi soir, ont parcouru les montagnes durant toute la nuit et la journée du lendemain, sans pouvoir découvrir la trace de ces misérables.
Vers le soir, des bergers de Tourris nous apprirent qu’ils avaient aperçu les brigands prenant la direction du vallon de la Roya.
A dix heures, la brigade St-Étienne, qu’accompagnaient quelques douaniers et M. le juge de Paix, venaient rejoindre notre brigade : malgré la nuit, une battue fut organisée sur plusieurs points, n’amenant aucun résultat satisfaisant.
Nos infatigables gendarmes rentraient à Guillaumes, mercredi soir, désespérés de n’avoir pu opérer, au péril même de leurs jours, une arrestation qui eût amené la tranquillité dans le pays.
Il est probable que ces brigands ont passé la frontière. »

Guillaumes, Alpes-Maritimes.

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