Découverte d’un crime ancien, Nice 1886

Découvrir des restes humains à l’occasion de travaux n’est pas chose rare, voir par exemple les articles « Un squelette sous le boulevard » ou « C’était avant l’INRAP ». Mais ce qui est remarquable dans la trouvaille que rapporte Le Petit Niçois du 22 septembre 1886, c’est le soin tout scientifique apporté par le policier, qu’assistent un médecin et un dentiste, à l’examen des ossements qu’on vient de déterrer :

« Sinistre découverte. – Une lugubre découverte a été faite hier soir à 4 heures, dans la cour du manège Giordan, rue Meyerbeer. Des ouvriers creusant une tranchée pour placer des conduites d’eau et de gaz, s’aperçurent, tout à coup, que des fragments d’os étaient mêlés à la terre.
On procéda alors avec un peu plus d’attention et l’on mit à jour toutes les parties de la charpente d’un squelette.
Le commissaire de police du 4e arrondissement, appelé aussitôt, examina attentivement les os de concert avec un docteur et un dentiste, et voici les conclusions auxquelles ces messieurs se sont arrêtés.
La friabilité des os, leur moisissure indiquent que le squelette est enterré depuis une centaine d’années au moins.
Le développement de l’os du bassin, la forme de la tête et la petite dimension des fémurs, paraissent démontrer que c’est un squelette de femme.
L’épaisseur des parois du crâne et l’état des dents, indiquent qu’au moment du décès, cette personne devait être âgée de 45 à 50 ans.
Enfin, l’absence de tout vestige à côté du squelette et l’endroit où il reposait, permettent de croire à un crime resté inconnu : le terrain dans lequel il était enterré, étant, précédemment à la construction du manège, en nature de jardins.
Les ossements reposaient à une profondeur d’environ 1 mètre, à trois mètres environ de la porte d’entrée et un peu à gauche. Ils ont été soigneusement recueillis et seront transportés dans l’un des cimetières de la ville. »

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