Chasse au chat, Nice 1886

C’est l’activité que découvre le lecteur du Petit Niçois le 24 octobre 1886. Pourquoi une telle chasse ? Il se pourrait bien qu’elle ait un but utilitaire, comme le suggère le journaliste en parlant de gibelotte et comme le confirmera un autre article qui paraîtra au mois de décembre, voir « Du minet au menu » :

« Barbarie. — Faut-il s’en réjouir ? Faut-il s’en plaindre ? Cela dépend du point de vue auquel on se place. En deux mots, voici la chose….
Il est à Nice un certain nombre de jeunes gens qui, à partir de minuit rodent dans les rues de la ville accompagnés de bull-dogs de forte taille lesquels bull-dogs ont pour mission de courir sus à tous les chats vaguant sur la voie publique et de les étrangler sans plus de façon.
Dans quel but ces jeunes gens font-ils cela ?
Est-ce pour suppléer le ciapacan tant de fois réclamé par quelques-uns de nos concitoyens ?
Est-ce tout simplement pour se divertir ?
Dans l’un comme dans l’autre cas, il font acte de barbarie car c’est, vraiment, un spectacle pitoyable que de voir les malheureux chats secoués et étranglés par les terribles bull-dogs. Chaque exécution dure plusieurs minutes pendant lesquelles les malheureux félins hurlent lamentablement. Si on veut les détruire, qu’on le fasse d’une façon plus convenable et surtout moins barbare.
Peut-être ne sommes-nous en présence que de simples amateurs de gibelotte à bon marché. Nous ne les excusons pas davantage pour cela et nous demandons qu’on prenne des mesures pour empêcher que de tels faits ne se reproduisent. »

Rappelons que le ciapacan est le nom niçois de la fourrière, littéralement « l’attrape chien », terme qui en l’occurrence serait fort peu approprié.

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