L’ordre règne à Nice en 1886

Depuis les vendeurs de journaux jusqu’aux chiens errants en passant par les vagabonds, les ivrognes et les prostituées, tous ceux qui contreviennent à l’ordre public sont passés en revue dans cette série d’articles qui se suivent sans interruption dans Le Petit Niçois du 20 octobre 1886. Un rappel : le Sénat est une vieille prison niçoise ; quant au ciapacan, littéralement « l’attrape chien », c’est l’organisme chargé d’éliminer les chiens indésirables.

« Les crieurs de journaux. – Nous avons été témoins, hier, d’un incident assez drôle. Deux crieurs de journaux vendaient tranquillement Le Petit Marseillais, lorsqu’un gardien de la paix les invita grossièrement à ne pas crier si fort. Le fait est d’autant plus étonnant que ces marchands ne commencent leur travail que vers dix heures du matin, heure à laquelle tout le monde est déjà levé ; ils ne peuvent donc troubler en aucune sorte la tranquillité publique.
Vagabonds. – Nous signalons à la police, les escouades de vagabonds qui hantent les squares de la ville pendant la nuit. On en trouve à toute heure étendus sur lés bancs ou rôdant autour des massifs. Un coup de filet, facile à donner, emmènerait une pêche fructueuse. Par ces temps de pluie diluvienne, les abris du Sénat ne sont-il pas meilleurs que ceux de la voûte céleste !
Ivrognerie. – Hier, dans la soirée la police a encore arrêté quatre ivrognes qui troublaient la tranquillité publique par des chants obscènes.
Coup de balai. – Huit filles soumises ont été arrêtées pour appel à la débauche sur la voie publique. Nos félicitations au service des mœurs.
Le ciapacan. – Bulletin de la journée : Chiens capturés : 11, abattus : 15. »

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